L’écho d’un monde absent

« Les philologues n’ont pas encore découvert la métrique de l’Indien; chaque poème correspond à une danse et incorpore des syllabes dépourvues de sens. Par son rythme différent, l’auditeur sait si une chanson est amoureuse, épique ou magique, bien qu’il ne comprenne pas la langue. Ses métaphores ne se justifient pas sur le plan logique, mais elles sont efficaces; un chant invoque les renards argentés de la lune… Les Peaux-Rouges connaissaient des chansons curatives, des chansons pour obtenir l’amour ou la victoire. Ils composèrent des vers qu’un homme ne pouvait confier à un autre qu’à l’heure de la mort. Selon la phrase de Baudelaire, ces choses-ci sont comme l’écho d’un monde absent. »

Jorge Luis Borges

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