Le pays de la poésie

« Je suis de nulle part
et je reviens d’un pays
sans frontières précises
un pays changeant 
comme les merveilleux nuages
où le ciel se dilue ou se cristallise
selon les saisons et les chants
je suis un oiseau maigre à l’aile déchirée
je suis le chat tapi dans les hautes herbes
le lézard collé contre la pierre 
le voyageur éperdu de l’aube
chacun de mes pas 
brûle d’un éphémère diamant
je sais les saveurs terrestres
sur les lèvres rouges d’une amoureuse
la perle des profondeurs 
dans la parole douloureuse
je reviens d’un pays
qui n’a pas de nom
dont les chemins égarants 
conduisent aux confins de l’être
où la lumière et l’ombre
révèlent toutes les errances
entre ce qui a été et ce qui sera
entre silence et cri
je viens d’un pays infini
où tout existera. »
André Chenet

 

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