À propos des ateliers

Le réel découvert par l’écriture n’est plus le réel. Il conviendrait mieux de dire le vrai.

(C.M.)

« Ateliers d’écriture sous la forme de stages et sessions, consultations individuelles, lecture et correction de manuscrits, Ecrivanture propose un cadre propre au travail de l’écriture dite de fiction ou narrative.

Au-delà du cloisonnement des genres littéraires, hors des modèles à imiter, un accompagnement pourra ici être trouvé, avec une insistance sur le développement de la part singulière en l’écriture de chacun. Il s’agit, à l’aide d’indications pratiques, de repères et de concepts précis, de permettre à tout écrivant d’affiner son approche unique et personnelle du langage, de retourner à sa voix intime, de polir le texte comme miroir, de laisser les mots revenir par la vieille sente et, en définitive, d’inventer, c’est-à-dire de découvrir, sa mise en scène.

L’écriture n’est pas la fabrication d’une machine à effets spéciaux mais un acte magique, fondateur. Chacun a ici la possibilité d’en faire l’expérience d’une façon toute naturelle, ainsi qu’une besogne des plus ordinaires, comme on pèle une pomme, de partir à l’aventure de son propre langage et ce, en s’autorisant les maladresses et tâtonnements inhérents à tout apprentissage. »

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La textualité

Il faut se représenter l’écriture textuelle comme un chantier permanent qui rompt avec la tentative d’imitation du réel au profit d’une recomposition, d’une invention singulière tendant à mettre au monde l’enfoui. Le vrai, jusqu’alors caché, se substitue ainsi au réel. Cela induit une sortie des ornières de la littérature conventionnelle et corsetée qui met le lecteur au second plan et le rend passif. Par une chasse au narcissisme, à la primauté de l’ego, au flux descriptif et explicatif, il s’agit de renverser l’auteur de sa position dominante, autocratique et exclusive d’écran, et de donner sa chance au texte, à ce point, cet espace du texte où chacun peut se positionner, à ce “trou” du texte permettant le passage du parler au dire, du signifié au signe. Primauté du texte, donc, devenant lieu expérientiel.

Le moyen de cette révolution, c’est la mise en scène des mots, par les mots, dans le but d’inventer le regard de la première fois, cette voix singulière tellement refoulée dans nos sociétés standardisées.

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« Lorsqu’on écrit, il s’agit de passer d’une impossibilité à force d’intention à une potentialité à force d’abandon. »

« Fais confiance à ton écriture, à ce qu’elle contient, à ce qu’elle véhicule intrinsèquement. Quand tu écris, devant toi, c’est la nuit, cela doit toujours être la nuit; la phrase, et la phrase seule, est une lanterne venant éclairer l’obscurité de ce qui lui succède. »

« Ton écriture a la vue plus perçante, l’aile plus ample, et un bec doré de soleil. Tu n’as qu’à laisser de ton poignet s’envoler cet aigle royal. Peut-être le verras-tu revenir par l’horizon d’encre avec, dans les filets de son regard, la proie mystérieuse, dans les serres de son silence, tes paysages inverses. »

Cédric Migard