J’ai vécu

« Ce monde refroidira
étoile parmi les étoiles
et même des plus petites,
une pépite d’or sur fond de velours bleu en somme,
notre univers immense en somme.

Ce monde un beau jour refroidira
même pas comme un bloc de glace
ou un nuage mort,
il roulera comme une coquille de noix vide
dans l’obscurité sans bornes ni limites.

Dès maintenant tu en éprouveras la douleur
tu en ressentiras la tristesse dès maintenant.
C’est ainsi que tu dois aimer le monde
pour pouvoir dire : j’ai vécu. »

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La manière d’aimer

« La manière d’aimer quoi que ce soit est de se rendre compte qu’on peut le perdre. »

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Au bord de l’eau

« Nous sommes au bord de l’eau,
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie.
L’eau est fraîche,
le platane est immense,
moi j’écris des vers,
le chat somnole,
nous vivons Dieu merci,
le reflet de l’eau nous effleure,
le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie. »

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Toucher

« Toucher du doigt, des yeux,
ce que la matière recèle
des chatoiements de l’invisible. »

Bernard Perroy

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Pour vivre poétiquement

« Pour vivre poétiquement sur la terre, il ne s’agit pas seulement de savourer un poème consolateur de temps en temps, mais de se sentir exister dans un espace-temps où circulent les grands courants poétiques de la planète. »

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Pour entendre

« La parole nous a été donnée non pour parler mais pour entendre. »

Valère Novarina

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Comment me taire

« J’ai cherché comment me taire dans un poème…

J’ai désiré pour lui une journée 

Où l’ombre même épouserait le soleil. »

Jean Lavoué

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Voilà

« Je suis dans la clarté qui s’avance,
Mes mains sont toutes pleines de désir, le monde est beau.

Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres,
les arbres si pleins d’espoir, les arbres si verts.

Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie de la prison.

Je ne sens pas l’odeur des médicaments.
Les oeillets ont dû fleurir quelque part.

Et voilà, mon amour, être captif, là n’est pas la question.
La question est de ne pas se rendre, voilà. »

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