« J’ai cherché comment me taire dans un poème…
J’ai désiré pour lui une journée
Où l’ombre même épouserait le soleil. »
Jean Lavoué
« J’ai cherché comment me taire dans un poème…
J’ai désiré pour lui une journée
Où l’ombre même épouserait le soleil. »
Jean Lavoué
« Je suis dans la clarté qui s’avance,
Mes mains sont toutes pleines de désir, le monde est beau.
Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres,
les arbres si pleins d’espoir, les arbres si verts.
Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie de la prison.
Je ne sens pas l’odeur des médicaments.
Les oeillets ont dû fleurir quelque part.
Et voilà, mon amour, être captif, là n’est pas la question.
La question est de ne pas se rendre, voilà. »
Nâzim Hikmet
« Les récits de notre vie
c’est quand ils ont été beaucoup redits
qu’ils parlent pour la première fois
ils restent les mêmes puisqu’ils nous recommencent
ils sont un air plus que des paroles
elles semblent se répéter
mais le chant ne s’use pas
il a même plus de force
peu à peu il prend toute la place
plus les récits ont tourné dans les bouches dans les bras
plus ils préparent le lit où nous irons nous aimer
à la fin ils seront si jeunes qu’on pourra ne plus nous voir. »
Henri Meschonnic
« Cette goutte qui tombe c’est le temps qui se réduit à un point.
Le temps, qui est un pâturage ensoleillé où danse la lumière, le temps, qui s’étale comme un champ en plein midi, devient suspendu. Il se réduit à un point. »
Virginia Woolf
« Discerner le murmure des mémoires,
le murmure de l’herbe,
le murmure des gonds,
le murmure des morts.
Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies,
douleur pour que les douleurs se glissent jusqu’à nous,
attente pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts.
Écrire, c’est savoir dérober des secrets. »
Léon-Paul Fargue
« Nés sur cette terre
Des chants se heurtent
A l’interstellaire. »
Eugène Guillevic
« Au temps où j’écoutais mûrir les mirabelles,
je voyais le soleil caresser tous les fruits,
dorer toutes les rondeurs.
Le vert ruisseau dans sa légère cascade
ébranlait les cloches de l’ancolie.
Un son bleu s’envolait. »
Gaston Bachelard
« Pendant de longues années, on contrôle sa vie. Du moins on le croit. Et puis vient le temps où on perd soudain tout contrôle. Sous la pression de puissances, en nous, dont on n’avait pas conscience. Et dont l’éruption ravage tout sur son passage. On est emporté, perdu, comme disloqué. Accepter aussi cela. Qui peut nous détruire ou nous fertiliser. »
Georges Haldas