Veille pour un visage

« Je n’ai qu’un visage

absent de partout

pour regarder la terre

à travers lui un seul regard

pour voir le pays

de mon visage

un chemin très étroit

pour aller

jusqu’au bord de l’eau

jusqu’à l’ombre inexistante

de ma ville à midi verticale

un seul corps

de minerais incisés

de sang de bon pain chaud

d’angles scellés de muscles

pour m’étendre sur les champs

pour saisir en lui le corps

du vent de la lumière de l’amour

une seule terre

visible de partout

pour former mon visage. »

Fernand Verhesen

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Quand je marche seul

« Quand je marche seul
sur les rochers ou les prés marins
le silence même s’illumine
et je ne pense ni à la culture
ni même à la subsistance
il n’est question
que d’aller plus loin au dehors
toujours plus loin au dehors
vers l’extrême ligne de la lumière. »

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Entourés de poésie

« Peut-être sommes-nous simplement entourés de poésie et nous ne le savons pas. »

Gabriel Arnaud

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Un simple mot

« Un simple mot bien dit

qui soit presque une chose,

un simple mot de plus que sa vie. »

Armand Robin

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Mon être danse

« J’ai tout retiré de ma chambre
hormis quelques images

il reste trois fois rien

l’aile d’un goéland
un bloc de pierre glacée
la photo d’une fille nue

au centre de ce vide
mon être danse. »

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Qui es-tu ma main ?

« Parmi les milliards de mains

Ma main

Qui es-tu ma main ?

Donnes-tu ?

Sais-tu saisir une autre main ?

Apportes-tu toujours la bougie ? »

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Dilater la nuit

« J’ai voulu dilater la nuit,

et y faire entrer sans cesse de plus en plus de rêves. »

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Demeures du silence

« Le silence… Nous en sommes les ignorants dépositaires, les vases fêlés et la moisson engrangée, la partition et la musique inaudible, le rouleau précieux et le scribe aveugle, les lecteurs en même temps que le poème qui s’écrit dans le secret, les lèvres muettes, le grand mystère et la langue tout contre qui se tait.

Le silence n’est pas seulement l’envers du monde – sa trame autant que son appui, son socle inatteignable, ses invisibles soubassements, sa géologie secrète, son noyau de feu et de glace, ou encore sa lumière aveuglante, sa vertigineuse transparence, son condensé, sa toile comme sa mémoire toujours vivante, son principe, son point d’origine – mais son unique réalité, le réel le plus pur et le plus dense que l’on puisse atteindre. »

Philippe Mac Leod

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