La phrase interminable

« Plus vieux mais non vieilli,
J’ai le regard de l’enfant solitaire
Qui reflète longtemps les étangs et les arbres…

Mon chant profond n’est que la pluie aux tresses pâles,
Mon chant n’est qu’un murmure sans paroles,
Et l’on dirait parfois la phrase interminable
Du vent qui se disperse à travers la campagne. »

Jean-Pierre Schlunegger

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Une voix mortelle

« À peine une ou deux fois par siècle une voix mortelle
peut-elle répondre au vertige de ce qui est. »

Jean-Paul Michel

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Le fil qui relie

« Il faut abriter chaque mot dans le poème,

le rossignol, le muid, l’amarante, l’aurore,

et encore le sang, la sanie, le blasphème,

les parcelles d’arc-en-ciel, au soir de la vie.

Seul ce qu’on appelle poésie peut tisser

Le fil qui relie le divers à l’unité. »

Jean Mambrino

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Voici une feuille blanche

« Voici une feuille blanche

A toi de l’habiter. »

Paul Quéré

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C’est un rivage ténébreux

« C’est un rivage ténébreux

Toutes les saisons ne sont pas de ce monde

Je me souviens du plus petit caillou de ce jour-là

Une pluie mot à mot dans les yeux

La distance en égarée

Le contrebandier marchait sur le fil du rasoir

L’expérience spirituelle brûlait sous un ciel de verre

Je buvais le petit lait du chemin

Une brise emportait une poignée de graines

Esquissant ce qui manque. »

Cédric Migard

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C’est toutes les promesses

« C’est toutes les promesses : la randonnée, la course en plaine, l’ambleur à l’étape infinie, et l’évasement sans borne, et l’envolée, la dispersion. »

Victor Segalen

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Parce que

« Parce qu’il faut monter et descendre les petites marches de l’enfance

Parce que la grande marmite a des ailes

Parce que le nuage a le goût de courge amère quand il est frit…

Parce que l’aile du papillon est un mot bloqué par la langue

Parce que ma langue peut s’enrouler autour du noyau d’un fruit…

Parce que j’ai continué à chanter quand la chanson était finie…

Parce que j’entends des grelots dans la neige…

Parce que les pelouses s’éclairent à l’heure du crépuscule

Pour une raison que je ne dévoilerai pas, même dans un poème

Parce que l’odeur du muguet se dilate comme un secret entendu pour la première fois

Parce que la saison a changé…

Parce que le gosier du rossignol, le chèvrefeuille, la verge d’or

Parce que tu ouvres la bouche pour m’embrasser tout en mangeant des cerises…

Parce que j’ai cassé la table de la poésie…

Parce que le silence, quand on le laisse, ne tombe pas…

Parce que le poème se déploie dans l’espace jusqu’à son effondrement lumineux…

Parce qu’une luciole peut enchanter la nuit. »

Denise Le Dantec

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Gardien

« Gardien d’on ne sait quoi
De nocturne et du sang
Contre l’humain.

Il s’est dit surtout
Je suis cet engrais
Qu’il faut pour après. »

Eugène Guillevic

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