« Lumière juste érigée
En chemins, en collines,
En cyprès… choses lointaines
Ou proches que jamais
Nous n’avons révélées,
Faute de mots exacts
Et d’un cœur transparent. »
François Cheng
« Lumière juste érigée
En chemins, en collines,
En cyprès… choses lointaines
Ou proches que jamais
Nous n’avons révélées,
Faute de mots exacts
Et d’un cœur transparent. »
François Cheng
« Qu’un lecteur pour mes poèmes :
Celui qui me connaît — celui qui m’aime —
Et, comme moi dans le vide voguant,
Voit l’avenir inscrit dans le présent.
Car lui seul a pu, toute patience,
Donner une forme humaine au silence ;
car en lui seul on peut voir comme en moi
S’attarder tigre et gazelle à la fois. »
Attila József
« Par des chemins d’oiseaux
avance l’écriture.
La main pense à voix haute,
le mot en convie un autre.
Sur la feuille où j’écris,
Vont et viennent les êtres que je vois.
Le livre et le cahier
replient les ailes et se reposent.
On a déjà allumé les lampes.
Comme un lit, l’heure s’ouvre et se ferme. »
Octavio Paz
« Ce frisson qui court l’échine du cheval
Et rend sa peau sensible aux plus rapides variations de la lumière :
Un modèle d’écriture. »
Christian Bobin
« Seules nos voix de paille
Habillèrent l’absence
Puis le silence vint comme le merle…
Où sont-ils les jardins profonds
Et frais que nous cherchions
Aux lisières perdues de l’enfance ? »
Anne Perrier
« Mesurez l’ampleur en vous d’un hiver précoce
et le poids de lumière qu’il faudra lui opposer.
Sachez que le poète n’a d’existence
que dans le lieu sans privilège du doute passionné et de la ferveur menacée…
Fermez vos yeux sur la parole
comme on mouche la bougie pour suivre l’ascension du jour. »
Jean-Pierre Siméon
« Qui chante là quand toute voix se tait ?
Qui chante avec cette voix sourde et pure un si beau chant ?
Serait-ce hors de la ville dans un jardin couvert de neige ?
Ou est-ce là tout près, quelqu’un qui ne se doutait pas qu’on l’écoutât ?
Ne soyons pas impatients de le savoir
Puisque le jour n’est pas autrement précédé par l’invisible oiseau.
Mais faisons seulement silence.
Une voix monte, et comme un vent de mars aux bois vieillis porte leur force,
Elle nous vient sans larmes, souriant plutôt devant la mort.
Qui chantait là quand notre lampe s’est éteinte ?
Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le cœur
Qui ne cherche la possession ni la victoire. »
Philippe Jaccottet
« Le travail de la poésie, c’est peut-être de mettre le maximum du corps dans le langage. »
Henri Meschonnic