« Le travail de la poésie, c’est peut-être de mettre le maximum du corps dans le langage. »
Henri Meschonnic
« Le travail de la poésie, c’est peut-être de mettre le maximum du corps dans le langage. »
Henri Meschonnic
« Pourquoi faut-il aussi que je compose ?
Pour briser l’étau peut-être,
pour me noyer peut-être,
pour me noyer sans m’étouffer,
pour me noyer mes piques,
mes distances, mon inaccessible.
Pour noyer le mal,
le mal et les angles des choses,
et l’impératif des choses,
et le dur et le calleux des choses,
et le poids et l’encombrement des choses,
et presque tout des choses,
sauf le passage des choses,
sauf le fluide des choses,
et la couleur et le parfum des choses,
et le touffu et la complicité parfois des choses,
et presque tout de l’homme,
et tellement de la femme,
et beaucoup, beaucoup de tout
et de moi aussi
beaucoup, beaucoup,
beaucoup
… pour que passe enfin mon torrent d’anges. »
Henri Michaux
« Il reste sur les jardins
une odeur de terre mise à nu,
une pluie orpheline.
Des cerisiers en fleurs
on attend une possible parole.
La nuit est agile.
Des visages anciens
poussent jusqu’à nous. »
Georges Bonnet
« Je n’ai pas faim maintenant,
je n’ai pas soif.
Mon point de vue est celui de la pierre. »
Nichita Stănescu
« Le regard, mon guide, trouve sa vie dans ce monde frémissant où tout vibre, se transforme, change, se déplace. »
Alexandre Hollan
« Donner joie à des mots qui n’ont pas eu de rentes tant leur pauvreté était quotidienne. Bienvenu soit cet arbitraire. »
René Char
« Herbe chétive
Attachée à mes pas,
Mon poème… »
Armand Robin
« Pareils aux inquiets, aux longs velléitaires
Qui n’auront jamais su choisir un seul chemin,
Tous ceux que j’aperçois, lorsque je passe en train,
Filer à travers bois, dans l’épaisseur des terres,
Me paraissent chacun devenir, tour à tour,
Celui que j’aurais dû suivre sans aucun doute.
Je me dis : la voici, c’est elle, c’est la route certaine
Qu’il faudra revenir prendre un jour.
Mais aussitôt après, sous la viorne et la ronce,
Un sentier couleur d’os ou d’orange prononce
Sa courbe séduisante au détour d’un bosquet,
Et c’est encore un des chemins qui me manquaient.
Puis le bord d’un canal donne une autre réponse
À ce perpétuel élan vers le départ.
Mais je vous aime ainsi, chemins, déserts et libres.
Et tandis que les rails me tiennent à l’écart,
Vous venez vous confondre au réseau de mes fibres. »
Jacques Réda