« J’ai voulu dilater la nuit,
et y faire entrer sans cesse de plus en plus de rêves. »
Virginia Woolf
« J’ai voulu dilater la nuit,
et y faire entrer sans cesse de plus en plus de rêves. »
Virginia Woolf
« Le silence… Nous en sommes les ignorants dépositaires, les vases fêlés et la moisson engrangée, la partition et la musique inaudible, le rouleau précieux et le scribe aveugle, les lecteurs en même temps que le poème qui s’écrit dans le secret, les lèvres muettes, le grand mystère et la langue tout contre qui se tait.
Le silence n’est pas seulement l’envers du monde – sa trame autant que son appui, son socle inatteignable, ses invisibles soubassements, sa géologie secrète, son noyau de feu et de glace, ou encore sa lumière aveuglante, sa vertigineuse transparence, son condensé, sa toile comme sa mémoire toujours vivante, son principe, son point d’origine – mais son unique réalité, le réel le plus pur et le plus dense que l’on puisse atteindre. »
Philippe Mac Leod
« Voilà que la grande marée de juin
a roulé ses mots jusqu’à la croix du nord
et baigné ses joncs jusqu’à l’étoile du sud…
vienne la clarté de la brume
vienne l’odeur de la lumière fraîche
jusqu’aux cuisses de l’aurore
j’ai franchi tous les rapides
et descendu tous les portages
j’ai remonté toutes les forêts
et traversé toutes les clairières
écrivain analphabète de la traversée géographique
je veux nager dans la débâcle des siècles
et reprendre l’espace évanoui. »
Jean Morisset
« Quand vous écrivez, c’est au fond toujours plus ou moins une lettre d’amour, c’est-à-dire que vous cherchez un visage de l’autre côté, vous cherchez à voir quelque chose qui vous renvoit un écho, et plus qu’un écho d’ailleurs, un partage.
Vous cherchez à respirer; moi j’ai toujours cherché en écrivant à respirer. Et, par moments, j’ai le souffle coupé par la beauté de quelque chose ou de quelqu’un, ou par une épreuve. Et puis l’écriture, étrangement, retransmet ce souffle coupé mais il devient la figure de la plus grande respiration possible. Parce que vous dites simplement ce qui est, ce qui a été, ce qui est, et ce faisant vous agrandissez la vie. »
Christian Bobin (entretien)
« Chemins qui ne mènent nulle part
entre deux prés,
que l’on dirait avec art
de leur but détournés,
chemins qui souvent n’ont devant eux rien d’autre en face
que le pur espace
et la saison. »
Rainer Maria Rilke
« Le silence est plein
De graines tendues
Ma lèvre se gonfle
Dans l’appel du fruit…
J’ai vécu mon futur. »
Patrice Cauda
« Écrivez ce que vous désirez écrire, c’est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. Mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maître d’école tenant une coupe d’argent à la main ou envers quelque professeur armé d’un mètre, c’est commettre la plus abjecte des trahisons. »
Virginia Woolf
« Être l’enfant de son écoute… »
Gilles Baudry