Dans le ciel en friche

« Ce texte, oui, on peut l’écrire. Dans l’amour naissant, dans l’amour mort, le même, écrire. Dans cette confusion des temps, des genres, écrire… Écrivant pour voir, pour y voir. Ce texte on peut aussi ne pas le montrer ou même ne pas l’écrire. Simplement regarder. Les fleurs sur cette table, accablées de chaleur. La main à plat sur la page. Ou rien. C’est cela. Rien. Les grands passages de lumières dans le ciel en friche. »

Christian Bobin

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L’oreille fine

« L’herbe, dites-vous,
Ne fait aucun bruit pour pousser,
L’enfant pour grandir,
Le temps pour passer.
Vous n’avez vraiment pas l’oreille fine. »

Pierre Albert-Birot

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Une éternité inconsolable

« Entre celui qui donne et celui qui reçoit,
entre celui qui parle et celui qui écoute,

il y a une éternité inconsolable.
Le poète le sait. »

Roberto Juarroz

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Libre disposition

« En poésie, c’est seulement à partir de la communication et de la libre disposition de la totalité des choses entre elles à travers nous que nous nous trouvons engagés et définis, à même d’obtenir notre forme originale et nos propriétés probatoires. »

René Char

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Nos doigts tricoteurs

« Dans la fragilité de l’aube
la vie toujours se redessine
et nos doigts tricoteurs
font refleurir nos pages.

Sentinelles du silence. »

Anthony Phelps

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Un dépaysement

« Mon pays fut un chant
une nuit blessée
une halte
un arc-en-ciel dans l’azur le plus clair…

mon pays fut
l’envers de mon pays —
mon pays est
un dépaysement. »

André Velter

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Faute de mots exacts

« Lumière juste érigée
En chemins, en collines,
En cyprès… choses lointaines
Ou proches que jamais
Nous n’avons révélées,
Faute de mots exacts

Et d’un cœur transparent. »

François Cheng

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Qu’un lecteur

« Qu’un lecteur pour mes poèmes :
Celui qui me connaît — celui qui m’aime —
Et, comme moi dans le vide voguant,
Voit l’avenir inscrit dans le présent.

Car lui seul a pu, toute patience,
Donner une forme humaine au silence ;
car en lui seul on peut voir comme en moi
S’attarder tigre et gazelle à la fois. »

Attila József

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