« Pas plus maître de mes mains
Que de cette eau qui coule sous les ponts
Pas plus maître de moi
Que de ce poème. »
Yves Namur
« Pas plus maître de mes mains
Que de cette eau qui coule sous les ponts
Pas plus maître de moi
Que de ce poème. »
Yves Namur
« Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l’homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l’avoir et du pouvoir, le vœu d’une vie intense et insoumise. Elle est une insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoint, simplifie, limite et décourage. Même rebelle, son principe, disait Julien Gracq, est le sentiment du oui. Elle invite à prendre feu. »
Jean-Pierre Siméon
« Seule j’appréhende
par la fenêtre l’autre soleil
Seule je cadre
le visage de la pierre
Seule j’entends
le vent dans les rocailles
Seule j’absorbe
l’effluve des broussailles
Seule je perçois
les musiques différentes
Seule je goûte
le ventre sucré de la ravine
Seule je regarde
les vagues lécher mes pieds nus
Seule j’écoute
les mouettes déchirer le silence
Seule je sens
l’odeur iodée du varech
Seule je hume
la douceur de l’embrun
Seule je saisis
le silence des amis
Seule je comprends
leurs mots usés
Seule je regarde
dans le brouillard des larmes
Seule j’écoute
s’affoler le battement du cœur. »
Yvette Beublet
« Toute action est incomplète et inachevée. Le poème dont je rêve n’a de défauts que lorsque je tente de l’écrire…
Pour réaliser un rêve, il nous faut l’oublier, distraire de lui notre attention. C’est pourquoi réaliser, c’est ne pas réaliser. »
Fernando Pessoa
« Le poème est une goutte d’eau
il donne au désert l’idée de la fleur. »
Jean-Pierre Siméon
« De la moindre vie humaine, quelque chose d’irréductible demeure, toujours rien de ce qui a lieu en ce monde, grand ou petit, tragique ou anodin, ne peut être annulé, et rien ne reste sans conséquences, aussi discrètes soient-elles…
Les petits riens ne sont jamais insignifiants, la beauté foisonne dans l’infime. »
Sylvie Germain
« Plus une chose est poétique, plus elle est réelle. »
Novalis
« Sous l’arc des nuages durcis,
Au bruit des voix qui s’abandonnent,
Sur les trottoirs blancs et les rails,
A travers les branches du temps,
J’ai regardé passer ton ombre
Seule entre les signes obscurs,
Les traits de lumière mouvante,
Transparente au reflet des fausses devantures…
Et puis j’ai regardé ailleurs
Mais pour te retrouver encore
Dans les échos de jour roulant dans ma mémoire.
Des fils de souvenirs s’accrochent dans les branches,
Des feuilles dans l’air bleu planent à contre vent,
Un ruisseau de sang clair se glisse sous la pierre.
Les larmes et la pluie sur le même buvard…
Le soleil s’éteignait.
Je regardais plus loin :
Les traces de tes pas brodaient d’or la poussière
Et tout ce qui n’était pas là
Dans les flammes du soir qui dévorent la terre. »
Pierre Reverdy