Quand je marche seul

« Quand je marche seul
sur les rochers ou les prés marins
le silence même s’illumine
et je ne pense ni à la culture
ni même à la subsistance
il n’est question
que d’aller plus loin au dehors
toujours plus loin au dehors
vers l’extrême ligne de la lumière. »

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Entourés de poésie

« Peut-être sommes-nous simplement entourés de poésie et nous ne le savons pas. »

Gabriel Arnaud

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Un simple mot

« Un simple mot bien dit

qui soit presque une chose,

un simple mot de plus que sa vie. »

Armand Robin

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Mon être danse

« J’ai tout retiré de ma chambre
hormis quelques images

il reste trois fois rien

l’aile d’un goéland
un bloc de pierre glacée
la photo d’une fille nue

au centre de ce vide
mon être danse. »

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Qui es-tu ma main ?

« Parmi les milliards de mains

Ma main

Qui es-tu ma main ?

Donnes-tu ?

Sais-tu saisir une autre main ?

Apportes-tu toujours la bougie ? »

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Dilater la nuit

« J’ai voulu dilater la nuit,

et y faire entrer sans cesse de plus en plus de rêves. »

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Demeures du silence

« Le silence… Nous en sommes les ignorants dépositaires, les vases fêlés et la moisson engrangée, la partition et la musique inaudible, le rouleau précieux et le scribe aveugle, les lecteurs en même temps que le poème qui s’écrit dans le secret, les lèvres muettes, le grand mystère et la langue tout contre qui se tait.

Le silence n’est pas seulement l’envers du monde – sa trame autant que son appui, son socle inatteignable, ses invisibles soubassements, sa géologie secrète, son noyau de feu et de glace, ou encore sa lumière aveuglante, sa vertigineuse transparence, son condensé, sa toile comme sa mémoire toujours vivante, son principe, son point d’origine – mais son unique réalité, le réel le plus pur et le plus dense que l’on puisse atteindre. »

Philippe Mac Leod

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L’espace évanoui

« Voilà que la grande marée de juin
a roulé ses mots jusqu’à la croix du nord
et baigné ses joncs jusqu’à l’étoile du sud…

vienne la clarté de la brume
vienne l’odeur de la lumière fraîche
jusqu’aux cuisses de l’aurore

j’ai franchi tous les rapides
et descendu tous les portages
j’ai remonté toutes les forêts
et traversé toutes les clairières

écrivain analphabète de la traversée géographique
je veux nager dans la débâcle des siècles
et reprendre l’espace évanoui. »

Jean Morisset

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