« Au niveau de l’expérience ordinaire,
sentir pleinement que ceci est une chaise,
que ceci est une table
mais en même temps,
que c’est un miracle, une extase. »
Virginia Woolf
« Au niveau de l’expérience ordinaire,
sentir pleinement que ceci est une chaise,
que ceci est une table
mais en même temps,
que c’est un miracle, une extase. »
Virginia Woolf
« Quand je caresse ton bras, tes mains
Je caresse un pont
Je caresse des larmes d’enfant
Un nuage sauvage
Et beaucoup de petits peu très précieux
Quand je caresse tes yeux
Car oui on peut les caresser tes yeux –
Ils peuvent rester ouverts dans les torrents et les cascades
Ils peuvent rester ouverts même quand ils sont fermés, même à double tour
A faire le tour du monde pour toi seule
Tes yeux ils n’ont pas peur
Ils peuvent rester ouverts quand un train les traverse avec son gros phare mugissant dans la nuit –
Alors quand je les caresse
Je caresse un passage
Je caresse du temps et du sable
Des souvenirs en pagaille
Et du désir, comme la mer, tout étalé sur une plage
Il y a beaucoup d’autres endroits que je caresse
Toi, c’est plein de chemins, d’ombres douces et de soleils éclaboussants
Alors quand je te caresse, tout me parle, me répond
Et joue avec moi dans la rivière
Car je deviens alors aussi poisson, galet et courant qui passe. »
Cédric Migard
« Ma patrie est comme si elle était de nulle part –
une grâce intime, une envie de pleurer, un enfant endormi –
c’est ainsi qu’elle est ma patrie… »
Vinicius de Moraes
« Dans la lumière où je nais
Monte la source du poème. »
Pierre Torreilles
« Il n’est que d’entrouvrir la porte d’une auberge
Pour retrouver dans la fraîcheur du souvenir
Quelqu’un qui te ressemble. Il a quitté la berge
Avec, entre ses mains, ce qu’il a pu cueillir
De baies, d’or, de genêts, de duvets, de saphirs,
Avec, dans le regard, ce qui peut réunir
Deux enfants égarés dans un désert de neige. »
Michel Manoll
« Ce texte, oui, on peut l’écrire. Dans l’amour naissant, dans l’amour mort, le même, écrire. Dans cette confusion des temps, des genres, écrire… Écrivant pour voir, pour y voir. Ce texte on peut aussi ne pas le montrer ou même ne pas l’écrire. Simplement regarder. Les fleurs sur cette table, accablées de chaleur. La main à plat sur la page. Ou rien. C’est cela. Rien. Les grands passages de lumières dans le ciel en friche. »
Christian Bobin
« L’herbe, dites-vous,
Ne fait aucun bruit pour pousser,
L’enfant pour grandir,
Le temps pour passer.
Vous n’avez vraiment pas l’oreille fine. »
Pierre Albert-Birot
« Entre celui qui donne et celui qui reçoit,
entre celui qui parle et celui qui écoute,
il y a une éternité inconsolable.
Le poète le sait. »
Roberto Juarroz