« Devant le miroitement du ciel et de l’eau…
Je ne suis rien,
Un simple témoin d’une journée sans mémoire. »
Jean Malrieu
« Devant le miroitement du ciel et de l’eau…
Je ne suis rien,
Un simple témoin d’une journée sans mémoire. »
Jean Malrieu
« Le sel dans la cupule en buis
gardait le secret des cristaux.
Une sombre robe
et de soleil gorgée
conservait un suc léger
d’avoir frôlé les fleurs.
L’orage grondait.
Chaque chose veillait et travaillait
pour sauver son éternité. »
Jean Follain
« C’était le temps de reconnaître
Et de franchir,
La main qui s’ouvre
Et s’ouvre
Et s’ouvre.
Une sorte de magie
cherchait à travers toi
Le temps du premier recueil.
C’était le temps de la halte tournée vers l’ouverture ;
Le monde, partout, se faisait lecteur.
C’était le coeur proche,
Le temps de la retrouvaille.
L’été follement revenait
Et parlait de notre enfance.
C’était le temps d’une page écrite,
L’autre temps. »
Cédric Migard
« Je m’assieds près du feu et songe
À tout ce que j’ai vu,
Aux prairies fleuries, aux papillons,
Aux étés disparus. Aux feuilles d’or et fils de soie
Des automnes oubliés,
Aux brumes douces, au soleil d’argent,
Au vent dans mes cheveux égaré. Je m’assieds près du feu et songe
À ce que deviendra le monde,
Quand l’hiver viendra sans un printemps
Que mes yeux puissent répondre. Car tant de choses encore m’échappent,
Tant de merveilles ignorées,
Dans chaque bois, à chaque printemps,
Un vert différent s’en est allé. Je m’assieds près du feu et songe
Aux âmes d’un autre temps,
À ceux qui verront une terre
Que je ne connaîtrai pourtant. Mais tout en songeant à ces jours anciens,
Je tends l’oreille encore,
Espérant entendre des pas revenir,
Et des voix derrière la porte. »
John Ronald Reuel Tolkien
« Nous vivions nu-pieds, tête nue,
l’âme et le cœur à l’avenant,
en compagnie des bêtes de plume et de poil.
Un geai, une loutre,
l’un fuyant par les arbres,
l’autre s’enfonçant dans le gouffre de l’étang,
c’étaient nos demi-dieux. »
Franz Hellens
« Une île à la place du cœur
un oiseau
une lampe
que sais-je
une autre voix
de l’intérieur
un battement intime
de la lumière
un toit moussu
en pente douce
offert à toi qui seras l’hôte
et la demeure. »
Gilles Baudry
« Comme l’eau de la cruche, la mie sous la croûte,
Le silence réclame sa forme.
Cet inconnaissable trempé dans la respiration. »
Serge Nuñez Tolin
« Pas plus maître de mes mains
Que de cette eau qui coule sous les ponts
Pas plus maître de moi
Que de ce poème. »
Yves Namur