Poser le fond de l’air

« Et si je lis un ciel bleu, je vois certes un bleu qui n’existe pas, ou qui n’est pas le bleu présent du ciel, mais au moins je ne vois pas un ciel de couchant ou de pluie. Une sorte de moindre mal. On peut essayer d’accumuler pour préciser, il reste une marge d’inexact, au bout. Donc il n’est peut-être pas utile de surcharger outre mesure. En laissant flotter le bleu, chacun voit son ciel et cela doit suffire, après tout il s’agit simplement de poser le fond de l’air. »

Antoine Emaz

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La beauté du silence

« Qui peut rendre compte

de la beauté du silence?

La merveilleuse douceur du silence,

qui peut l’exprimer?

Le silence profond, stable, immortel,

est la demeure d’une félicité

incomparable, indicible, originelle.

Le moi et le toi disparaissent spontanément.

Il n’y a pas en lui de je ni de tu.

L’illusion du ceci et du cela s’évanouit.

Le silence est le purificateur ultime.

Dans le feu de ce silence,

la lourdeur opaque de l’intellect se consume. »

Vimala Thakar

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Un regard aux ailes de libellule

« Celui dont le destin est de mourir doit naître… C’est un enlacement, qui est un entrelacement.

Parlez d’abord. Parlez et vous ne serez pas ignorant. Atteignez d’abord et vous approcherez ensuite.
Tout afflue, dit le Maître de Ho. Tout déborde. Tout est là.
Un regard aux ailes de libellule se pose sur la personne aimée, et rime le Monde sans connaître celui qui doit le chanter. »

Henri Michaux

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Un frôlement sans saisie

« Ce qui circule dans le poème… Ce n’est pas seulement retrouver l’émotion ou la force motrice de l’écriture ou ce qui a provoqué le désir d’écrire. C’est plus que cela, c’est un frôlement sans saisie. »

Antoine Emaz

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D’où vient ma voix ?

« Je ne sais pas d’où vient ma voix: elle colle aux mots comme elle peut. Pourtant, j’ai entendu le poème en l’écrivant; ce n’était pas visuel, c’était d’abord sonore. Le regard pouvait très bien se fixer ou errer sur un coin de table ou de fenêtre; d’un coup les mots ont rompu cela et occupé tout l’espace mental. D’où venaient-ils? Je n’en sais rien. À chaque fois, je ne sais rien. Ils sont venus. Assez pour que je puisse continuer de creuser sur leur lancée; toujours sans bien comprendre, mais en sachant qu’il fallait continuer. »

Antoine Emaz

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Une forme de sainteté sans dieu

« Le silence est une forme de sainteté sans dieu, sans adeptes véritables. Et pour cause. Quand on tient debout grâce aux béquilles, les ranger au placard demande un effort surhumain. »

Antoine Emaz

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Aimanter

« Écrire : aimanter, être aimanté. »

Antoine Emaz

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