« Il faut laisser l’eau
aveuglément s’endormir
Chaque soir la gare
compter ses adieux
Rêver à loisir
paresser avec les choses
Réchauffer chaque mot
pour qu’il nous reconnaisse. »
Georges Bonnet
« Il faut laisser l’eau
aveuglément s’endormir
Chaque soir la gare
compter ses adieux
Rêver à loisir
paresser avec les choses
Réchauffer chaque mot
pour qu’il nous reconnaisse. »
Georges Bonnet
« Et si j’écrivais à la française une page peuplée d’adjectifs… une dictée sans fautes, j’aurais peut-être droit à entrer dans l’académie des cloches, dans la pléiade des proscrits… Je suis un illettré, il n’y a que mon âme qui sache un peu écrire. »
Jean-Marie Kerwich
« L’écriture, une école des rivages… Le poème n’est juste que s’il se porte et nous porte hors de lui. »
Pierre Dhainaut
« Je n’écris que dehors
une écriture
un pas fluide
entre les orties parmi les chênes
les hêtres
la paume entaillée
ouverte comme un buisson
je reçois l’eau
la lumière
je ne suis que l’âtre
d’un visage. »
Thierry Metz
« Tu mords chaque jour
un peu plus
la marge incertaine
du temps
jusqu’au vide
étincelant
de la nuit
qui parle
à mots enfin
découverts. »
Hélène Cadou
« Si vous fermez les yeux, avec un peu de chance vous apercevrez parfois un vague étang aux teintes pastel suspendu dans le noir ; pressez vos yeux un peu plus fort, l’étang prendra forme, les couleurs deviendront si vives que, si vous pressez encore, elles s’embraseront. Mais, juste avant qu’elles ne s’embrasent, vous verrez la lagune. C’est le point suprême que vous puissiez atteindre sur le continent. »
James Matthew Barrie
« Commence par vivre autour d’une petite chose toute simple chargée de devenir pour renouer avec un très ancien commencement. Jusqu’à ce que lentement, lentement, l’espoir et une vie nouvelle jaillissent de la pousse en déployant leurs feuilles alentour, touchant ainsi de multiples endroits et tant de promesses englouties dans le temps et l’oubli. »
William Goyen
« Chacun s’invente une façon de comprendre. Moi je regarde par la fenêtre, comme si les mystères habitaient dehors. Je regarde longtemps, sans rien fixer de précis, mais au bout d’un moment, je renonce à chercher. Alors je prends conscience de ce que mes yeux voient vraiment. »
Hubert Mingarelli