« Seules nos voix de paille
Habillèrent l’absence
Puis le silence vint comme le merle…
Où sont-ils les jardins profonds
Et frais que nous cherchions
Aux lisières perdues de l’enfance ? »
Anne Perrier
« Seules nos voix de paille
Habillèrent l’absence
Puis le silence vint comme le merle…
Où sont-ils les jardins profonds
Et frais que nous cherchions
Aux lisières perdues de l’enfance ? »
Anne Perrier
« Mesurez l’ampleur en vous d’un hiver précoce
et le poids de lumière qu’il faudra lui opposer.
Sachez que le poète n’a d’existence
que dans le lieu sans privilège du doute passionné et de la ferveur menacée…
Fermez vos yeux sur la parole
comme on mouche la bougie pour suivre l’ascension du jour. »
Jean-Pierre Siméon
« Qui chante là quand toute voix se tait ?
Qui chante avec cette voix sourde et pure un si beau chant ?
Serait-ce hors de la ville dans un jardin couvert de neige ?
Ou est-ce là tout près, quelqu’un qui ne se doutait pas qu’on l’écoutât ?
Ne soyons pas impatients de le savoir
Puisque le jour n’est pas autrement précédé par l’invisible oiseau.
Mais faisons seulement silence.
Une voix monte, et comme un vent de mars aux bois vieillis porte leur force,
Elle nous vient sans larmes, souriant plutôt devant la mort.
Qui chantait là quand notre lampe s’est éteinte ?
Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le cœur
Qui ne cherche la possession ni la victoire. »
Philippe Jaccottet
« Le travail de la poésie, c’est peut-être de mettre le maximum du corps dans le langage. »
Henri Meschonnic
« Pourquoi faut-il aussi que je compose ?
Pour briser l’étau peut-être,
pour me noyer peut-être,
pour me noyer sans m’étouffer,
pour me noyer mes piques,
mes distances, mon inaccessible.
Pour noyer le mal,
le mal et les angles des choses,
et l’impératif des choses,
et le dur et le calleux des choses,
et le poids et l’encombrement des choses,
et presque tout des choses,
sauf le passage des choses,
sauf le fluide des choses,
et la couleur et le parfum des choses,
et le touffu et la complicité parfois des choses,
et presque tout de l’homme,
et tellement de la femme,
et beaucoup, beaucoup de tout
et de moi aussi
beaucoup, beaucoup,
beaucoup
… pour que passe enfin mon torrent d’anges. »
Henri Michaux
« Il reste sur les jardins
une odeur de terre mise à nu,
une pluie orpheline.
Des cerisiers en fleurs
on attend une possible parole.
La nuit est agile.
Des visages anciens
poussent jusqu’à nous. »
Georges Bonnet
« Je n’ai pas faim maintenant,
je n’ai pas soif.
Mon point de vue est celui de la pierre. »
Nichita Stănescu
« Le regard, mon guide, trouve sa vie dans ce monde frémissant où tout vibre, se transforme, change, se déplace. »
Alexandre Hollan