« Le poème est la barque du passeur. Il traverse le rien, il cherche un rivage, noue une ombre à une illusion, mais sait avec exactitude quel poids d’espérance et de chair est une existence. Et cette barque, n’est-ce pas le ciel même qu’elle paraît franchir, lorsque celui-ci se reflète sur la rivière et se voit poussé par la rame ? Ce ciel, qui est l’inaccessible, où les hommes ont logé le sans nom (…), le voici à portée du regard et de la main, comme tombé en flocons sur le monde, parmi toutes ces choses qui y brillent un peu : des graines, des herbes sèches, ou ce broc d’eau claire posé sur les dalles sonores. »
Jean-Michel Maulpoix