« Les mots ont tout pouvoir et n’ont aucun pouvoir, et leur ‘tout pouvoir’ réside précisément dans leur ‘non pouvoir’. Ou encore, on peut préciser que le ‘pouvoir’ des mots n’est pas de l’ordre de la puissance, mais de celui du possible.
Il n’y a aucun mot adéquat pour qualifier et contenir ce qui vient nous bouleverser de fond en comble, que ce soit côté joie ou côté chagrin, côté douleur ou côté jouissance, mais tous les mots, des plus communs aux plus rares, offrent la possibilité de signifier, au moins un peu, quelque chose du trouble que l’on éprouve ; ainsi aident-ils à donner du sens, une direction, un tracé, à ces forces muettes, et parfois affolantes dans leur intensité, qui nous assaillent. »
Sylvie Germain (en entretien avec Aliette Armel)