« Nous n’habitons nulle part
Nous ne brisons de nos mains rouges de ressentiment
Que des squelettes de vent
Nous tournoyons dans un désert d’images
Diffusées par les invisibles ingénieurs du monde de la séparation permanente retranchés Dans les organismes planétaires planificateurs
Infatigables du spectacle
Nous ne sommes rien nous ne sommes qu’absence
Une brûlure qui ne cesse pas
Nous n’embrassons nulle bouche vraie
Nous parlons une langue de cendres nous touchons une réalité d’opérette
Nous n’avons jamais rendez-vous avec nous-mêmes
Nous nous tâtons encore et toujours
Nous errons dans un magma de signes froids
Nous traversons notre propre peau de fantôme
Le soleil du mensonge ne se couche jamais
Sur l’empire de notre néant vécu atrocement au carrefour des nerfs
Nous n’avons ni visage ni nom
Nous n’avons ni le temps ni l’espace des yeux pour pleurer
Trente-deux dents totalement neuves pour mordre
Mais mordre où mais mordre quoi
De fond en comble toutes les chaînes
Autour desquelles s’articulent nos chairs nos pensées
D’aujourd’hui
Jusqu’à ce qu’elles cassent dans un hourrah de lumières
De naissances multiples
Décrétons le refus global
Les jardins des délices tremblent et éclairent au-delà
La révolte met le feu aux poudres
Taillez enfants aux yeux d’air et d’eau les belles allumettes
Dans la forêt des légitimes soifs
Taillez les belles allumettes pour que flambe le théâtre d’ombres universel. »
André Laude