« Que faire de la petite voix
Sans voix
Qui dit des choses
Qu’on ne dit pas
Même
A l’oreille qui n’entend pas
On la connaît grain de sable
Tombée des meules
De la montagne
Où presque personne ne va
On la savait goutte de pluie
D’une pluie
Dont les dernières
Moussons faisaient cadeaux
On traîne ce lambeau d’âme
Comme une carie
Parmi les canines aiguisées
Du quotidien
Et les molaires
Mâcheuses de crépuscules
La parole sans verbe envoie
Ses marteaux-piqueurs
Défoncer
La mosaïque de nos images
Et les parpaings mal ajustés
Du silence
Écrasent le reste en tombant
Laissant
Sur ces gravats
Les luzernes dorées et folles. »
Werner Lambersy