« On avance à petits pas.
Après tout, tu ne vas pas dire quel est ton malheur.
Le médecin te dit avec un visage neutre : Monsieur, c’est un traumatisme.
Je pense qu’il faut s’en foutre d’écrire de travers,
D’écrire avec des vers qui ne riment à rien, sinon à raconter
Le temps qui passe,
L’eau sous les ponts,
L’horloge qui tic-tac et qui s’en fout.
Je pense que je n’en ai rien à faire de ne rien faire,
De rester sous le soleil
Si ce n’est pas pour prendre le train de plage
Où le sable s’écoule entre mes doigts,
S’éparpille sur la main de l’enfant qui regarde cette pluie.
Les mots qui guérissent sont parfois maladroits,
Ils n’en ont rien à faire d’être grands,
Ils sont parfois si simples qu’ils sont grands parce qu’ils parlent aux anges.
Que tu écrives à l’encre,
Que tu écrives au Bic,
Un crayon qui griffonne est un oiseau en vol,
Il n’a pas besoin de s’expliquer
Ni d’expliquer pourquoi c’est lui qui parle de celui qui écrit à celui qui entend. »
Jacques Chevalier