« Avec la crise, tout l’avenir est à l’avenant ! Et par gros temps, il ne faut pas démâter l’espérance. La crise des illusions est si forte que l’espérance n’a pas bonne réputation. A cet égard, St Augustin mettait en garde en se méfiant de deux choses : le désespoir sans issue, l’espérance sans fondement. L’authentique espérance est le contraire de « ces illusions consolantes » dont parle Elias Canetti. Le contraire des anesthésiantes promesses électorales, de la méthode Coué, des faux-fuyants. Lucide, l’espérance n’est en rien l’optimisme béat. Elle est courage d’être, en dépit de tout. D’autant plus invincible qu’elle a la fragilité du cristal et qu’elle connait les larmes. En pleine nuit, l’espérance anticipe l’aube pour deviner la lumière qui vient…
Face à la désespérance postmoderne de l’Occident, un écrivain d’Haïti (pays pauvre entre tous les pauvres), Daniel Maximin s’insurge : Tu écriras loin de tout désespoir, qui est le luxe des peuples nantis. »
Gilles Baudry (en entretien avec Gwen Garnier-Duguy)