Que vivre me soit soudain différent

« Une feuille tombe de la rive dans le poème… Alors, des fonds où ils dormaient, se détachent les poissons noirs de la mémoire et affleurent la surface pour venir voir.

Elle est verte et légère à la vitre du poème qu’elle ride.

À son envers, que je monte aussi vers sa lumière et que vivre me soit soudain différent quand je regarde à son travers.


Que tout me soit à nouveau sauvé, me soient données toutes les chances et que s’élance un autre été éternel avec ses terres à l’affût.

Plus large et plus puissant, pour avoir crevé la membrane verte de l’espace, malgré la charge accrue des ans où ploie mon chant, je vais grandir et devenir moi-même été, prairie, colline.


Nos pas perdus se rejoindront dans nos poitrines, ces pas de loup, ces bruits de feuilles accourant en tous sens qui reprendront chaleur et renaissance dans le sang. »

Jean Malrieu

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