« Petit abri de paume. Main travailleuse: aveugle, elle obéit sans savoir lire; elle bouge sans savoir écrire. Elle est aveugle, elle est muette. Une petite machine fabrique les mots dans le coude, bien loin. La main les hume, ou les appelle, les aspire. (…) Un regard d’aigle a pouvoir sur eux. Les bandelettes invisibles du regard les soudoient, leur font rendre la solitude. L’écriture écrit-elle? Ou n’est-elle qu’un très petit cheval qui suit les doigts légers?
Ou n’est-elle qu’un long cheveu de sang que l’on tire du cœur? Les petits mots se ressemblent et s’assemblent. Procession de petits os lavés, délavés; squelettes d’oiseaux minuscules qu’on ne saurait éparpiller. La cartouche d’encre est dans le doigt. Dans l’œil et dans le cœur. »
Jacques Izoard