« La poésie est plus rebelle. (…) Faisant fi du paraître, elle accroît la densité de l’être. Toujours au bord du vide, chacun de ses mots est l’occurrence d’un envol. En plein hiver, elle retraduit l’été, le coup de main du vent sur l’épaule des arbres, l’appel du large au milieu d’une chambre, la rosée sur la page, un très vieux cri d’oiseau échappé d’un fossile, l’orage qui pisse d’un jet dru, les doigts de l’eau sur la fenêtre, le fleuve roulant ses bas sur les jambes du sable, la fraîcheur du pré ouvert comme un livre. »
Jean-Marc La Frenière