Dis-moi, ma vie

« Dis-moi, ma vie, t’étais-tu habillée d’oubli une fois pour toute…

Je sais, nous échangions des paroles obscures
Qui venaient d’autres expériences, nous auscultions un au-delà
Toujours plus proche qu’il fallait à tâtons connaître,
Toi me tendant la main, moi ne te voyant pas.
Il n’y avait ni meilleur ni pire entre nos distances et nos gestes,
Mais nous.
J’imaginais mes yeux vivants dans celui qui me précédait,
Ne révélant mal que moi-même dans ses laboratoires.
Tu bifurquais de mon chemin de temps en temps déjà.
Tu m’engageais dans l’aventure.
Sur tes sentiers rien ne pesait, ton lait sauvage avait bon goût… »

Pierre Seghers

Cet article a été publié dans Extraits, Poésie, Théorie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire