« J’écris sans linéarité… sans théorie. J’ajoute quelques graines quand la mangeoire est vide. Je glisse le coin d’un mot sous la table bancale. Je soulève le monde avec les doigts d’une phrase, le bras d’un paragraphe. Chaque matin, je me réveille au pied d’un mot venu je ne sais d’où. Il entraîne avec lui une foule d’autres mots. Je m’y perds. Je m’y trouve…. L’énergie intérieure, la force artésienne du cœur remontent jusqu’aux lèvres. Il n’est pas inutile de tricoter sous les bombardements, pas plus que de planter un chêne à la veille de mourir. On ne sait jamais qui aura froid ou cherchera des glands. Il arrive qu’une bouteille à la mer reçoive une réponse, que la violence de la réalité recule d’un pas. Le noir dans le noir se transforme en lumière. »
Jean-Marc La Frenière