« Petite enfance et jeux de carquois,
De pals, de dards,
Et, toujours, la pâleur,
Le revers et l’avers,
Et, contre tout,
Le poids du corps.
Nous suivions le sentier;
Ne fût-ce qu’un sentier,
Ne fût-ce qu’un treillis…
Et la limite imiterait
la fin du désert,
le froid mat,
la solitude.
Mais solitude éclate.
Mots gardés par la main.
Mains qu’on savonne.
Hygiène à tête de chat.
Et yeux perdus,
Folie du regard et du regard.
Et jamais ne répéter
la même chose.
Et lèvres se taisent.
Et lèvres n’existent pas.
D’ailleurs, rien n’existe.
Et le récit des petits pas,
Des fétus,
Des ficelles nouées bout à bout…
Des ficelles qu’on trouve
Sous les pas du vent,
De l’orage et de l’océan.
Jamais l’ogre ne vient
Me dévisager.
Personne ne m’oublie.
Personne ne me parle.
Et la peau se régénère
En mille flammes.
Qui ne brûlent pas. »
Jacques Izoard