« Je voudrais savoir si, lorsque j’étais un jeune garçon, un vieil homme m’accompagnait lors de mes promenades ou si c’est moi qui l’imagine.
D’autant plus qu’il n’est pas le seul de ces personnages qui appartiennent peut-être seulement à la mémoire de l’imagination ; parce que, certes, il est une vie à laquelle seule notre âme participe ; comme si nous avions le temps de véritablement participer à tout ce qui existe dans notre âme. Ce vieillard peut, cependant, avoir véritablement existé ; parce que je me souviens même de son prénom. Mais il est si loin de moi que je parviens seulement à le revoir sur un bout de route ensoleillée, sans la reconnaître et sans même comprendre où elle commençait.
Une bonne part de notre vie disparaît ainsi ou s’égare dans une ambiguïté indéfinissable ; à l’instar de ces vieilles croûtes dont le sens s’est perdu. Et ainsi, cette cendre de nous-mêmes nous sert le long de notre chemin quotidien ! »
Federigo Tozzi