« Il ne s’agit plus que les yeux bavardent au sommet de l’édifice, éclairs dans leur étui de peau. Il ne s’agit plus de mots taillant parmi le ciel un escalier.
Il s’agit de reconnaître ce corps, il s’agit de respirer cet air et de les accepter : voici la suie du feu, voici l’amer du breuvage.
Allons, mes mains, prenez courage, descendez de la fleur à l’instrument et toi, mon âme, oiseau fragile du bout des branches, garde tes ailes pour fendre non le ciel, mais le sol.
Le temps est venu de prendre le corps de la femme, sors-la de ses vêtements et ne sois pas triste de la voir parmi eux ainsi qu’une chenille sur une rose.
Et toi, larve, sors aussi de tes feuilles, sois nu, c’est l’instant : enfance ton plaisir dans ce ravin, mords le bégaiement, touche les sources du lait. »
Alain Borne