« Je rêve d’un poème qui prolongerait ce regard longuement porté sur le spectacle le plus simple – une fleur dans un vase, la courbe d’une colline, l’éclat d’un caillou. J’imagine une phrase qui ne ferait qu’effleurer l’écorce du visible et qui n’aurait de valeur que par cette rencontre impalpable où la distance et les mots qui s’y attardent viendrait s’abolir. Est-ce réclamer de la poésie ce qui ne relève que du silence? Je continue d’écrire, comme si l’espoir ne me quittait pas de rejoindre, après tant de fatigues, ce lieu par-delà tout lieu. »
Claude Esteban (en entretien avec Laure Helms et Benoît Conort)