Une voix secrète

« Nuit je m’éveillerai aurore,
jacassant sur la pierre.
Dans mon sang de feu vert,
on entendra peu à peu se taire
les voix herbeuses des morts.

Silence je me ferai parole,
essentielle comme l’outil.
J’aurai des amours de rossignol
et des gloires d’épi,
fanfares entre les épaules.

Je n’irai plus à l’ordure,
à l’eau pourrie, à la souche éteinte.
J’habiterai la rosée qui tinte,
l’enfant sur le chemin de l’école,
j’aurai plein les poches la monnaie d’azur.

Compagnon des vieilles planètes,
j’aurai aussi du temps
puisque les mots promettent
l’or et la durée, l’île et la fête
à celui qui naquit fragment,

murmure une voix secrète
entre deux rires brefs
derrière les rideaux du vent. »

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