Devant la page blanche

« De quoi l’écrivain a-t-il peur devant la page blanche ? Qu’est-ce qu’il risque en écrivant les premières phrases, les premiers mots ? Quelque chose d’irréparable, peut-être ?


Dans la vie nous sommes insouciants. Pourquoi est-ce justement dans le domaine de l’imagination que nous sentons le plus de responsabilité ? Serait-ce parce que le mot écrit est plus durable que nos actes ? Je ne le crois pas.

Ce qui rend l’écriture redoutable, c’est qu’elle est à la fois acte, confrontation et jugement. C’est moins et plus que notre vie. Il est stérile de confronter vie et écriture. L’écriture est une variété exceptionnellement intense de la vie, variété consciente. Son rôle est double. Elle montre comment nous avons vécu jusqu’à présent et comment nous devons vivre désormais. Elle est critique de tout ce qui nous est arrivé jusque là mais en même temps elle représente aussi pour nous la possibilité du salut. Devant le papier blanc il n’y a que notre espérance qui soit plus grande que notre peur. »

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