Sur le même buvard

« Sous l’arc des nuages durcis,

Au bruit des voix qui s’abandonnent,

Sur les trottoirs blancs et les rails,

A travers les branches du temps,

J’ai regardé passer ton ombre

Seule entre les signes obscurs,

Les traits de lumière mouvante,

Transparente au reflet des fausses devantures…

Et puis j’ai regardé ailleurs

Mais pour te retrouver encore

Dans les échos de jour roulant dans ma mémoire.

Des fils de souvenirs s’accrochent dans les branches,

Des feuilles dans l’air bleu planent à contre vent,

Un ruisseau de sang clair se glisse sous la pierre.

Les larmes et la pluie sur le même buvard…

Le soleil s’éteignait.

Je regardais plus loin :

Les traces de tes pas brodaient d’or la poussière

Et tout ce qui n’était pas là

Dans les flammes du soir qui dévorent la terre. »

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