Préhistoire

« Je m’endors sur les plages quand la mer veut de moi

ou bien dans les lavandes ou bien dans les blés verts

et quand je trouve un lit pour y passer l’hiver

je m’y endors nu dans l’herbe de mes bras

en rêvant de prairies

avec des mots d’amour chargés de marées hautes.

Mon corps est d’un autre âge mon sang d’une autre mer…

J’attends la vague immense pour reprendre ma forme…

Quand je rentre seul je reste émerveillé

de voir une maison où grandit un enfant

car j’avance à rebours de tous les mois de mai…

Et si la préhistoire ne finissait jamais ? »

Tristan Cabral

Publié dans Extraits, Poésie | Laisser un commentaire

Il suffit parfois de se pencher

« Il suffit parfois de se pencher
sur une fleur fanée
qui ne sait plus son nom

De surprendre dans son sommeil
un sentier
tiède de soleil

Un merle blessé dans une ruelle
sans lumière et sans voix

Une gargouille au bord du saut
une mousse aimée des insectes

Ou le sang d’une guerre
encroûté sur le couchant

Pour que soudain
respire un poème. »

Georges Bonnet

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

C’est le commencement

« C’est le commencement,

le monde est à repeindre,

l’herbe veut être verte,

elle a besoin de mes regards. »

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

La lampe en héritage

« J’ai reçu la lampe en héritage…

Sa lumière, quand elle vient se placer

comme un autre lecteur fatigué

du même livre que moi

ou comme arbitre entre la page blanche

victorieuse une fois de plus ce soir,

et, vaincu, ce que je voulais écrire,

jaillit d’entre des palmes touffues. »

Kiki Dimoula

Publié dans Extraits, Poésie | Laisser un commentaire

Le premier mot

« Chaque jour j’écris le premier mot de mon langage
Je suis neuf jusqu’au crépuscule.
Chaque baiser de l’aube sur la bouche des arbres
Me fait don d’une peau future.
J’écris la langue des pierres et des herbes,
Le dialecte des nuages, le patois des forêts.
Je dis le monde avec le monde pour encrier. »

Marc Alyn

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

Les lignes

« De tes yeux aux miens le soleil s’effeuille.

Sur le seuil du rêve, sous chaque feuille il y a un pendu.
De tes rêves aux miens la parole est brève.


Le long de tes plis printemps l’arbre pleure sa résine
et dans la paume de la feuille je lis les lignes de sa vie. »

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

Terre qui vint à nous

« Terre qui vint à nous
Les yeux fermés
Comme pour demander
Qu’une main la guide. »

Yves Bonnefoy

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

S’arrêter

« Il marchait dans les bois quand il entendit ces rires, ces exclamations, cette joie. Et que faire alors sinon s’arrêter, le cœur battant, écouter la voix des enfants à travers le rideau des branches puis se risquer vers eux, l’autre monde ? »

Yves Bonnefoy

Publié dans Extraits, Poésie | Laisser un commentaire