Parution, les miettes

Une petite brève pour vous signaler la parution du premier roman de Camille François, « Les miettes », aux éditions Acrodacrolivres, un récit dont je suis heureux de vous annoncer la naissance ayant eu le privilège d’assister à sa mise au monde au fil des ateliers, d’accompagner cette écriture singulière, simplement nue, tissée de larmes, de rires, de silence et des mots essentiels… Je vous en recommande la lecture…

Pour contacter l’auteur : melodieseternelles@gmail.com ou 0032 471 64 97 22.

Voir aussi Nouvelles lectures et Liste de lectures.

Ci-dessous, quelques extraits :

« – Et toi, dit la Mère. Que vas-tu demander à Saint-Nicolas? Une poupée…

  – Moi, je veux un garage pour mes petites voitures.

  – Un garage? La Mère sourit. Et quoi d’autre?

Un garage c’est beaucoup d’argent pour la Mère.

  – Un livre.

  – Mais encore…

  – Un gros livre de Donald Duck.

  – Quelles drôles d’idées tu as! dit la Mère.

Comment dire à la Mère que plus tard elle sera Donald Duck? »

*

« Elle restait à le regarder. Assise sur le rebord du fauteuil. Ses mains qui couchaient des couleurs vives sur le papier. Parfois, il levait la tête. “Si on allait boire un café?“ D’autres fois, il disait: “Rentre chez toi, tu n’as donc rien à faire?“ Alors elle se levait, remontait la rue déserte. »

*

« Il n’y a plus d’oiseaux sur les branches. Plus de feuilles. L’arbre est nu. Il n’y a plus vos mains sur mes hanches. Plus rien des mots que j’ai crus… Plus d’ombre dans la chambre. A guetter nos rendez-vous. Rien que ce long silence… »

*

« On la déposera sans doute dans la maison d’en face, cette grande maison sur la place qui accueille les âmes. Ça ne lui fait pas peur. A force de voir ses petits vieux disparaître, elle s’y est faite, doucement.

C’est toujours une question quand elle s’attarde dans la chambre de la mort. Sauf une fois, à voir le visage de la défunte irradier comme une réponse, un cadeau qu’elle lui faisait.

Ils diront qu’elle est partie… Qu’elle a eu la vie qu’elle a eue, ni bonne ni mauvaise, la vie, une vie, la sienne. Ils diront qu’elle est là. Là-haut peut-être. Qu’elle a fait du mieux qu’elle pouvait. Ils diront qu’elle l’aimait, qu’elle l’a trop aimé sans doute, que c’est la vie qui veut ça, que personne n’y peut rien, que c’est une question de chance ou d’autre chose, qu’on n’est pas bien sûr, qu’on ne sait pas dire, qu’on ne sait jamais vraiment.

Ils diront ces pauvres choses qui hantent les cimetières. Ils diront qu’elle est partie.

Elle ne peut pas continuer à pleurer…

Il y a son travail de nuit, d’ange gardien comme disent ses petits vieux. Ses enfants, quatre comme la Mère. Une petite fille bientôt. Je l’appellerai Florence a dit l’Aînée. Florence… c’est beau Florence.

Elle ne peut pas continuer à pleurer…

  – Allô, j’aimerais avoir des renseignements sur l’atelier d’écriture, s’il-vous-plaît. Oui, j’ai écrit des chansons avant, mais je ne suis pas écrivain. Je ne sais pas écrire.

  – Chaque fois que quelqu’un prend la plume, c’est une nouvelle écriture qui s’invente dit l’animateur de l’atelier.

Ecrire… Aligner les mots. Ses mots. Ecrire… »

Camille François

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