« Des sons de l’ange aux hurlements des bêtes, de la musique des étoiles aux contrepoints de l’eau, j’habite dans ma bouche. Mon corps est ma langue. (…) Un brin d’herbe apparaît sur le visage des lettres. (…) Un soleil d’enfant, un poème sans rime (…) Je soulève du crayon un silence de mille tonnes. Une eau passant sur des cailloux désaltère ma soif. (…) Un brin de paille fait un nid, une plume un oiseau, un nuage la mer, le plus humble vocable une immense prière. (…) Je ne suis sur la page qu’une phrase à déchiffrer, un je qui se dissout et se refait dans l’encre. »
Jean-Marc La Frenière