Tendre le langage

« C’est peut-être ça la vertu de la poésie, tendre le langage au maximum. Il y a un moment où chacun est obligé de comprendre d’une autre manière que par la compréhension analytique. Il faut peut-être comprendre par l’arrière de la tête, ou par ses yeux, ou par l’enfant qu’on était. Mais surtout ne pas comprendre par l’adulte qu’on se croit tenu d’être.

Il me semble que la poésie est comme une explication, mais qui n’explique rien. Elle est comme une science, elle est la seule science qui ne maltraite pas son objet. Peut-être parce qu’elle ne le traite pas en objet, justement. La poésie entre dans le monde comme dans une maison amie, elle révèle l’objet, elle l’amène à se révéler, elle ne le force pas. »

Christian Bobin

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