« La main faiblit, le cœur s’est détourné
comme celui qui apportait le pain et la parole,
sur un caprice ou sur un ordre obscur,
change de route, et l’on entend son pas
qui peu à peu s’éloigne sur les pierres,
s’efface, nous laissant aux bassesses du jour.
Tous les poèmes qui ne sont jamais nés,
dont la poussière rôde dans le revers du monde :
paroles d’ombre pour les ombres…
Nous devinons parfois dans le sommeil
leur frôlement et la double rumeur,
comme s’ils imploraient de nous une terre d’asile,
une autre chance d’exister. »
Jean Joubert