« Insoluble contradiction :
le poème tente, avec des mots, une sortie de tout langage.
Je suis d’un seul côté du monde, dit le poète.
Mais pour autant, je ne suis pas prêt à échanger mon poème contre la seule réalité du symbole.
Il faut que je m’en sorte, avec les moyens qui sont les miens, pas contre eux.
Car à force de vouloir court-circuiter les opérations (douteuses ou défectueuses) du cerveau,
on en arrive (il faudrait dire : on en revient) à des automatismes-rois et à légitimer une élaboration zéro.
Il faut donc que je me fasse une idée neuve du sens,
lequel ne coïncide pas avec celui de tous les jours, qui guide la lecture.
Ni pour ni parce que, cela veut dire que le poème ne devient un milieu de réfraction propre qu’en faisant reculer les limites existantes,
celle aussi bien du préalable qu’à l’autre bout, la preuve par l’utilité. »
Dominique Grandmont