« Chaque texte nous laisse dans le passage. Un éternel passage… Être là. C’est tout…
Le texte ne ment pas, il nous promet la solitude et il nous la donne. Comme une fleur rouge sang…
Et c’est ainsi depuis la nuit des temps. Car la nuit des temps est le lieu du poème…
L’attente. L’inquiétude.
On ne ressort pas complètement indemne des mots. Avec cette double sensation. L’accroissement et la perte. La douceur et la violence. Comme dans le vertige.
Pendant le texte les atomes de la vie sont portés à incandescence. Comme dans l’amour quand les corps s’effleurent d’insouciance et d’oubli, ou quand ils se cognent l’un à l’autre dans l’abandon et l’ivresse… Le mascaret ride le fleuve comme un frisson de jouissance. Le texte nous a défaits du temps, jetés hors des doutes, il nous a pris la main et le cœur pour nous faire traverser l’infini à la perpendiculaire de nos passions et dans la diagonale de nos souvenirs. Le texte réinvente la géométrie de l’espace et du corps, dans les angles se trouvent l’ombre et le souffle, et les parallèles se rejoignent sur les lèvres des rêves, et les ellipses nous réchauffent de leurs foyers majestueux. Et c’est un temps simplifié où les équations retrouvent leurs inconnues…
La hache du texte coupe un peu plus mes amarres. »