Présence brûlante que je nomme

« C’est une présence brûlante que je nomme
dans la fleur d’eau qui tremble entre les feuilles
dans l’acier rigide du pont dans la pomme
L’agenouillement du soleil au bord du fleuve
C’est une présence brûlante que je nomme
quand s’avance puissant comme une étrave
Parmi la houle brutale des hommes
douleur contre douleur sang contre sang
Sous la paupière lourde de l’étoile
Au fond du limon obscur qui râle
déchiré par les crocs du feu et de la pierre
À l’heure où s’éternise en moi la note grave
d’une flûte de berger ligoté dans la toile
d’araignée des brumes
À l’heure où une bande de cerfs allume
Un incendie de prunelles autour de la mare
Et que de mon seul corps je couvre toute la terre
Pareil à une tapisserie de forêts de plaines et de céréales
C’est une réalité durable que je nomme
C’est un ordre d’amour que je sers. »

André Laude

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