« Assis tranquillement, sans rien faire,
le printemps arrive,
l’herbe pousse, par elle-même. »
Bashô Matsuo
« Assis tranquillement, sans rien faire,
le printemps arrive,
l’herbe pousse, par elle-même. »
Bashô Matsuo
« Loué sois-tu silence qui entoure la pensée
Le mot ne vient qu’après. Mais entre lui et la pensée
Qu’il exprime, il y a cette bande suave de silence
Comme un jardin entre la maison et la haie-vive.
C’est ainsi que le nageur avant de plonger dans l’eau
Emplit ses poumons et retient son souffle
C’est ainsi que l’idée – qui était temps – devient parole – qui est espace
C’est ainsi qu’entre poème et vers se situe le blanc.
Et peut-être qu’autour de la vie même il y a ce silence
Qui la sépare et l’unit à la mort : cette bouche d’air
Entre le corps et le vêtement. Car si la vie
Est la pensée, la mort est le contour qui l’exprime.
Mais si l’oreille entend le mot sans rien savoir
De la muette musique enfermée en ses murs
De la mort chacun sait le glorieux silence
Sans deviner la forme où celui-ci est clos. »
Ilarie Voronca
« L’œuvre littéraire est comme un enfant : elle n’est pas une propriété. L’auteur souhaite seulement qu’une mise au monde survienne. S’il fait confiance, ce n’est pas aux idées claires mais à une exigence qui se tient à la jonction de la foi, de l’expérience et du langage. Ce n’est pas à lui de décider du sens. A chaque fois il fait un pari et court un risque. Il s’avance dans l’insu. Mais son ignorance devient lumineuse au cœur de l’écriture. Son texte s’étoile de lueurs… Il peut donner ce qu’il ne possède pas. S’il entend dire que ses livres invitent à la foi, il est le premier étonné : il regarde ses mains vides. »
Jean Sulivan
« La parole dit, l’eau court,
le rocher s’effrite, la fougère se flétrit, le vent souffle,
le temps passe,
j’écris l’ordre du soleil. »
Kathleen Raine
« La nuit ! La nuit surtout je ne rêve pas je vois ! »
René Guy Cadou
« L’ombre d’un papillon
butine l’ombre d’une fleur
sur le bitume. »
Lydia Padellec
« Nos instants les plus précieux
ne furent-ils pas des états
que rien ne permettait de retenir ?
Instants glanés lors du passage des oiseaux,
nous les avons laissé s’enfuir
afin de ne garder que l’indistinct et l’éphémère
pour preuve de leur traversée. »
François Jacqmin
« Et maintenant
j’ai dans la tête
une vie
comme un cercle qui se dilate
sans cesse
à force de connivence et de compréhension
plutôt qu’un centre farouche
de pure conscience de soi. »
Kenneth White