« Défense d’entrer dit la barrière.
Deux lucioles
passent par-dessus. »
Alain Jouffroy
« Défense d’entrer dit la barrière.
Deux lucioles
passent par-dessus. »
Alain Jouffroy
« Dans ce pays j’ai des yeux plus clairs…
Je souffle là dans un os qui me chante.
Dans ce pays mon corps est moins étrange ;
Une seule fleur est mon insolence, et toute ma pensée. »
Frédéric Tison
« L’engagement dans l’écriture poétique est pour moi absolument lié à un processus de transformation de soi. Et du monde. C’est ce que je répète dans mes ateliers d’écriture avec des enfants ou des adultes : l’écriture est un levier puissant de bouleversement de l’espace social. Il change les regards, reconnecte chacun au mouvement de ses émotions. La poésie est contagieuse. Il y a un ralentissement du temps, une pesanteur et une gravité retrouvées dans la lecture ou l’écoute d’un poème. On sort du corps quotidien, étroit, serré sur lui-même, tendu par l’aliénation de la consommation et de la production, vers un corps plus ample, plus libre, plus conscient, réveillant en lui ses capacités de résilience et d’empathie.
Le poème se situe entre révolution et méditation, il est plus qu’une prière, c’est un acte sur le réel. Et ce que l’on ne sait pas, ce que l’on ne voit pas du réel, apparaît, scintille puis tombe en poussière dans le temps qui passe.
Par ma recherche d’écriture, j’ai ouvert, élargi mon espace social d’échanges et de rencontres. J’ai l’impression d’avoir trouvé une place, sentiment que je ne vivais pas quand j’étais enseignant, écrasé par le poids de la structure verticale, Éducation Nationale. La poésie en nous mettant au monde à chaque poème nous révèle cette part d’infini qui nous accueille à chaque mot, à chaque silence, dans la conscience. Le langage nous parle d’une éternité dont notre esprit ne sait rien dire, il la rend supportable dans le poème. Peut-être que la poésie nous apprend un peu à vivre, un peu à mourir, non ? »
Dominique Sampiero (entretien)
« La vérité, c’est le langage qui dégage l’universel. Newton n’a point découvert une loi longtemps dissimulée à la façon d’une solution de rébus, Newton a effectué une opération créatrice. Il a fondé un langage d’homme qui pût exprimer à la fois la chute de la pomme dans un pré et l’ascension du soleil. La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui simplifie. »
Antoine de Saint-Exupéry
« Accomplis,
désintéressés,
sans avoir réclamé
et sans avoir attendu,
nous abordons aux profondeurs
du monde.
Dans les veines translucides
des fleurs,
nous entendons
la rose pulsation de la durée
qui s’apparente à notre sang.
Nous entendons le cœur des insectes
et des feuilles
palpiter auprès de notre cœur.
Toutes choses vinrent
qui confièrent leur secret
à nos mains. »
Yannis Ritsos
« Encore aujourd’hui
Le soleil luit
Le jour recommence
S’enroule et se déroule à l’infini
Dans la mémoire des pierres
Couve une beauté qui grandit dans les blés
Et pose son grain de folie
Entre les pages de ma vie endormie. »
Pierre Schroven
« Son poids de détresse
de peurs qui s’amoncellent
sans peine
les oiseaux le soulèvent…
leur chant est ici
et déjà ailleurs
dans le jour qui court à sa perte
ils écoutent
plus loin que ce qui est perdu. »
Marc Dugardin
« A rétréci la surface des forêts,
la surface de la poésie, des soupirs.
Le langage des feuilles disparaît
au profit du bavardage des hommes. »
Visar Zhiti