Des mots fiables

« Tu cherches des mots fiables
Vivants et chauds comme un pouls régulier
Oiseleur ou jardinier
Au plus près des tilleuls
Au plus près des moineaux. »

Ghyslaine Leloup

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Mon seul courage

« Le poème est mon seul courage. »

Guy Allix

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Ouvre-toi !

« Et voilà que, sous l’écriture,

la parole se lève et t’ordonne :

Ouvre-toi !

Ton écorce se fendille.

Tu sors de ta chrysalide. »

Gilles Baudry

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Je pose un pas toujours plus lent

« Je pose un pas toujours plus lent

Dans le sentier des signes

Qu’un seul frémissement de feuilles effarouche

J’apprivoise les plus furtives présences. »

Gustave Roud

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On se laisse traverser

« Ainsi les feuillages nous éclairent…

On se laisse traverser

Nos fibres boivent d’un trait…
Des phrases inconnues s’écrivent
Les mots plus denses au départ des sèves

On pourrait délivrer jusqu’au ciel. »

Sabine Dewulf et Florence Saint-Roch

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Silence

« Silence.

On creuse.

Silence.

On aime. »

Eugène Guillevic

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Plus loin que mon temps

« Je n’ai arrêté mon cheval
que pour cueillir une rose rouge
dans le jardin d’une Cananéenne
qui a séduit mon cheval
et je suis reparti en quête de mon lieu,
plus haut et plus loin,
encore plus haut, encore plus loin
que mon temps. »

Mahmoud Darwich

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Ils ne se retournent pas

« Ils ne se retournent pas pour dire adieu à l’exil,
un autre les attend…
Ils migrent de la clôture vers le jardin et laissent un testament
dans chaque mètre du patio de la maison :
Après nous, ne vous souvenez
que de la vie…

Ils voyagent du matin verdoyant
à la poussière du midi,
portant leurs cercueils emplis
des objets de l’absence :
une carte d’identité et une lettre d’amour
pour une femme à l’adresse inconnue :
Après nous, ne te souviens
que de la vie…

Ils migrent des maisons vers les rues,
faisant le V blessé de la victoire
en disant à quiconque les voit :
Nous vivons encore,
ne vous souvenez pas de nous !

Ils sortent du récit pour respirer et s’ensoleiller.
Ils rêvent de voler plus haut…
et encore plus haut.
Ils s’élèvent et se posent, partent et reviennent,
sautent des céramiques anciennes
vers les étoiles
et reviennent dans le récit…
Pas de fin au commencement…
Leurs yeux ont rougi
d’avoir tant contemplé
le sang répandu :
Après nous,
ne vous souvenez
que de la vie…
”

Mahmoud Darwich

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