« Restituer un Je à qui l’a perdu… Faire entendre au-delà des traces visibles mais à partir d’elles, la voix du disparu, de l’effacé, de l’incompris. Faire parler le muet, donner par l’écriture un langage à l’infans. »
Jean-Bertrand Pontalis
« Restituer un Je à qui l’a perdu… Faire entendre au-delà des traces visibles mais à partir d’elles, la voix du disparu, de l’effacé, de l’incompris. Faire parler le muet, donner par l’écriture un langage à l’infans. »
Jean-Bertrand Pontalis
« Quelque chose cherche
mes lèvres :
un poème
un état littéral. »
Bernard Noël
« Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver,
Un feu pour vivre mieux.
Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux. »
Paul Éluard
« Emily Dickinson, quand elle dit : Je ne suis personne… Elle précisera: Comme ce doit être triste d’être une grenouille qui ne cesse de clamer son nom dans un marécage…
Elle dit donc : Je ne suis personne, mais aussitôt elle s’adresse à une présence muette et réelle, infigurable mais écrasante, innomée mais intime : Toi, qui es-tu ? Personne non plus ?…
Alors… alors, dit-elle, nous voilà deux. La dépossession du poète a soudain découvert son prototype absolu.
Mais… Ne le dis pas. Que l’illumination imprévue reste secrète. Il n’est d’extase qu’à l’insu de tous.
Puis tout de suite une immense confiance, une joie qui ne peut s’exprimer que par une symbiose d’ironie et d’humour : On nous chasserait, dit-elle… Et d’ajouter, adorable, presque wallonne : tu sais. »
Jean Grosjean
« Et ce désert est tout peuplé
d’hommes et de femmes qui s’aiment
qui s’aiment et se le crient
d’un bout de la terre à l’autre. »
Charlotte Delbo
« C’est un pays
Où la lumière ose
Dans un tremblé d’ombres
Ses métamorphoses. »
Hélène Cadou
« De quoi l’écrivain a-t-il peur devant la page blanche ? Qu’est-ce qu’il risque en écrivant les premières phrases, les premiers mots ? Quelque chose d’irréparable, peut-être ?
Dans la vie nous sommes insouciants. Pourquoi est-ce justement dans le domaine de l’imagination que nous sentons le plus de responsabilité ? Serait-ce parce que le mot écrit est plus durable que nos actes ? Je ne le crois pas.
Ce qui rend l’écriture redoutable, c’est qu’elle est à la fois acte, confrontation et jugement. C’est moins et plus que notre vie. Il est stérile de confronter vie et écriture. L’écriture est une variété exceptionnellement intense de la vie, variété consciente. Son rôle est double. Elle montre comment nous avons vécu jusqu’à présent et comment nous devons vivre désormais. Elle est critique de tout ce qui nous est arrivé jusque là mais en même temps elle représente aussi pour nous la possibilité du salut. Devant le papier blanc il n’y a que notre espérance qui soit plus grande que notre peur. »
Janos Pilinszky