« Son poids de détresse
de peurs qui s’amoncellent
sans peine
les oiseaux le soulèvent…
leur chant est ici
et déjà ailleurs
dans le jour qui court à sa perte
ils écoutent
plus loin que ce qui est perdu. »
Marc Dugardin
« Son poids de détresse
de peurs qui s’amoncellent
sans peine
les oiseaux le soulèvent…
leur chant est ici
et déjà ailleurs
dans le jour qui court à sa perte
ils écoutent
plus loin que ce qui est perdu. »
Marc Dugardin
« A rétréci la surface des forêts,
la surface de la poésie, des soupirs.
Le langage des feuilles disparaît
au profit du bavardage des hommes. »
Visar Zhiti
« Je m’endors sur les plages quand la mer veut de moi
ou bien dans les lavandes ou bien dans les blés verts
et quand je trouve un lit pour y passer l’hiver
je m’y endors nu dans l’herbe de mes bras
en rêvant de prairies
avec des mots d’amour chargés de marées hautes.
Mon corps est d’un autre âge mon sang d’une autre mer…
J’attends la vague immense pour reprendre ma forme…
Quand je rentre seul je reste émerveillé
de voir une maison où grandit un enfant
car j’avance à rebours de tous les mois de mai…
Et si la préhistoire ne finissait jamais ? »
Tristan Cabral
« Il suffit parfois de se pencher
sur une fleur fanée
qui ne sait plus son nom
De surprendre dans son sommeil
un sentier
tiède de soleil
Un merle blessé dans une ruelle
sans lumière et sans voix
Une gargouille au bord du saut
une mousse aimée des insectes
Ou le sang d’une guerre
encroûté sur le couchant
Pour que soudain
respire un poème. »
Georges Bonnet
« C’est le commencement,
le monde est à repeindre,
l’herbe veut être verte,
elle a besoin de mes regards. »
Jean Tardieu
« J’ai reçu la lampe en héritage…
Sa lumière, quand elle vient se placer
comme un autre lecteur fatigué
du même livre que moi
ou comme arbitre entre la page blanche
victorieuse une fois de plus ce soir,
et, vaincu, ce que je voulais écrire,
jaillit d’entre des palmes touffues. »
Kiki Dimoula
« Chaque jour j’écris le premier mot de mon langage
Je suis neuf jusqu’au crépuscule.
Chaque baiser de l’aube sur la bouche des arbres
Me fait don d’une peau future.
J’écris la langue des pierres et des herbes,
Le dialecte des nuages, le patois des forêts.
Je dis le monde avec le monde pour encrier. »
Marc Alyn
« De tes yeux aux miens le soleil s’effeuille.
Sur le seuil du rêve, sous chaque feuille il y a un pendu.
De tes rêves aux miens la parole est brève.
Le long de tes plis printemps l’arbre pleure sa résine
et dans la paume de la feuille je lis les lignes de sa vie. »
Tristan Tzara