« Terre qui vint à nous
Les yeux fermés
Comme pour demander
Qu’une main la guide. »
Yves Bonnefoy
« Terre qui vint à nous
Les yeux fermés
Comme pour demander
Qu’une main la guide. »
Yves Bonnefoy
« Il marchait dans les bois quand il entendit ces rires, ces exclamations, cette joie. Et que faire alors sinon s’arrêter, le cœur battant, écouter la voix des enfants à travers le rideau des branches puis se risquer vers eux, l’autre monde ? »
Yves Bonnefoy
« Comment écrire le désir ? Comment approcher ce qui nous meut, chacun, intrinsèquement… Comment ne pas cesser d’être à-côté, en-deçà, et ne cesser d’imaginer autour de ce réel introuvable, invérifiable, la vérité de notre corps ?
Les effets du désir nous arrivent au futur antérieur. Si seulement on avait su… De cette méconnaissance, de ce temps de retard irrattrapable naît la pensée, je veux dire cette faculté de penser le désir précisément à l’endroit du manque. Pareil au foulard qui s’échappe de main en main sans qu’on puisse l’attraper, mais seulement s’exclamer, après coup : il était là, je l’ai vu. Qu’est-ce qui le retient du côté de l’écriture, dans ce qui le constitue comme écriture même ? Car le désir, je crois, s’écrit, et pas seulement dans les livres…
Parfois celui qui écrit avance dans la pénombre sans savoir exactement ce qui s’écrit mais comprenant confusément que ce qui s’écrit là le précède… C’est le plus mystérieux sans doute, par quel procédé confie-t-on à cette main prolongée d’un stylo ou d’un ordinateur de tracer, presque à notre insu, ce qui s’écrit ? Car dans toute écriture, je crois, il y a un texte sous-jacent à ce que l’on veut conduire en ligne de tête, et que l’on maîtrise avec plus ou moins de talent et de force. Ce sous-texte que l’inconscient arme comme il arme nos rêves, nos lapsus, nos actes manqués, les dates signifiantes de nos vies, les prénoms aimés… Là précisément se trouve à se risquer, vraiment, le désir. »
Anne Dufourmantelle
« La paix…
Qui n’est pas colombe…
Mais simple objet du cœur régulier.
Mots partagés et partageables entre les hommes
Pour dire la faim, la soif, le pain, la poésie,
La pluie dans le regard de ceux qui s’aiment. »
Salah Stétié
« Ce nom qu’il a tant modulé déjà mais qu’il lui faut encore bercer comme la mer. »
Patrice de la Tour du Pin
« Entre dans la maison.
Consens à la douceur,
Aie pitié de la matière des songes et des oiseaux.
Invoque le feu, la clarté, la musique des flancs…
Ne sois pas comme l’ombre…
Répète les syllabes
où la lumière est heureuse et s’attarde. »
Eugénio de Andrade
« Toi le féminin
Ne nous délaisse pas ;
Qui n’est point douceur
Ne survivra pas. »
François Cheng
« Quand ça cesse de haleter,
bribes d’une voix ancienne en moi. »
Samuel Beckett