« C’est un pays
Où la lumière ose
Dans un tremblé d’ombres
Ses métamorphoses. »
Hélène Cadou
« C’est un pays
Où la lumière ose
Dans un tremblé d’ombres
Ses métamorphoses. »
Hélène Cadou
« De quoi l’écrivain a-t-il peur devant la page blanche ? Qu’est-ce qu’il risque en écrivant les premières phrases, les premiers mots ? Quelque chose d’irréparable, peut-être ?
Dans la vie nous sommes insouciants. Pourquoi est-ce justement dans le domaine de l’imagination que nous sentons le plus de responsabilité ? Serait-ce parce que le mot écrit est plus durable que nos actes ? Je ne le crois pas.
Ce qui rend l’écriture redoutable, c’est qu’elle est à la fois acte, confrontation et jugement. C’est moins et plus que notre vie. Il est stérile de confronter vie et écriture. L’écriture est une variété exceptionnellement intense de la vie, variété consciente. Son rôle est double. Elle montre comment nous avons vécu jusqu’à présent et comment nous devons vivre désormais. Elle est critique de tout ce qui nous est arrivé jusque là mais en même temps elle représente aussi pour nous la possibilité du salut. Devant le papier blanc il n’y a que notre espérance qui soit plus grande que notre peur. »
Janos Pilinszky
« Écrire concilie tous les paysages dans le regard du marcheur. »
Patrick Chemin
« Nous continuerons bien sûr
De faire l’impossible
Avant de nous évaporer
Comme l’odeur du seringa. »
Jean Rousselot
« Les écluses de poésie
S’ouvrent au passage du jour,
Que soit libéré l’oiseau,
Que le premier rayon
Ensemence
Tes coteaux,
Que la lumière recommence
L’histoire cosmique,
Tragicomique,
Que l’invisible
Te signale
Les coordonnées d’une réalité,
Que la beauté délie ses forêts
Et tout le murmure des voix,
Que respire l’âme du pays,
La pauvre demeure,
Le sentier très simple,
Que l’œil du dedans
Salue l’espace,
S’y parsème de lieux aimés en lieux aimés…
Que vienne finalement le soir,
Le calme repos…
Que te reste alors dans ton filet à papillons
Quelques mots,
Seulement quelques mots
Pour donner aussi un langage aux murs. »
Cédric Migard
« Si tous les oiseaux étaient pris aux pièges
et tous les poissons morts dans les filets,
si tous les arbres fondaient comme la neige
et s’éteignaient, l’été, les feux follets,
si toutes les mers désertaient les grèves…
si tu restais seul avec tes rêves
parmi l’effondrement universel,
trouverais-tu dans ton âme profonde
assez de joie pour recréer le monde ? »
Auguste Marin
« Au seuil des cours de ferme,
Je suis resté parfois
Comme à l’entrée des cathédrales. »
Eugène Guillevic
« N’espère rien qui en toi déjà n’existe…
Tu as le soleil s’il fait soleil, des branches
Si c’est des branches que tu cherches. »
Fernando Pessoa