Demeure le veilleur

« Nulle autre psalmodie

que les versets du vent,

dans les roseaux le friselis du lac,

de la rivière en allée vers la mer.

Plain-chant au voisinage des abeilles

où tu te tiens,

témoin ravi

du silence visible par beau temps. »

Gilles Baudry

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Mais je suis, je suis

« À quoi je sers
Se chante l’alouette ?

J’ai beau monter,
Grisoller, tourner, descendre
Et remonter et regrisoller,

Alors qui fait mieux ?
Qui ne se plaint pas
De ne rien changer à rien ?

Mais je suis, je suis.
Je fais vibrer avec moi
Ce qui m’entoure. »

Eugène Guillevic

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Eaux intérieures

« On parle beaucoup des océans et c’est très bien.

Mais il faut peut-être aussi remonter à la source,

A ce petit filet d’eau qui coule entre deux champs…

Suivre la source, remonter l’eau, c’est aussi regarder en soi. »

Aïcha Dupoy de Guitard et Gilles Baudry

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Je suis silence

« Je ne suis pas
Une addition d’arbres.

Le chat-huant le sait,
Le répète,

Lui qui est ma voix,
Le meilleur de mes voix…

Je suis silence.
Je suis une amphore de silence.

Je suis silence
Qui impose du silence…

Je suis comme j’étais
Il y a des millénaires. »

Eugène Guillevic

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Au bord du temps

« Dans l’arbre privé de fruits et de feuilles
Qui déjà se lasse

Des rameaux jouant pour ne pas trop voir
Le soleil couchant

Une pomme est restée
Au milieu des branches.

Et rouge à crier
Crie au bord du temps. »

Eugène Guillevic

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La main, le ciel, le buisson et la lampe

« Et maintenant, refaire maintenant :
la main, le ciel, le buisson et la lampe.
Les mots sont des doigts.
Ce qui parle ne dit pas mais montre. »

Jacques Ancet

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Ce que je porte d’inconnu à moi-même

« C’est ce que je porte d’inconnu à moi-même qui me fait moi. »

Paul Valéry

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Chant de solitude

« Laissez venir à moi tous les chevaux toutes les femmes et les bêtes bannies

Et que les graminées se poussent jusqu’à la margelle de mon établi

Je veux chanter la joie étonnamment lucide

D’un pays plat barricadé d’étranges pommiers à cidre

Voici que je dispose ma lyre comme une échelle à poules contre le ciel

Et que tous les paysans viennent voir ce miracle d’un homme qui grimpe après les voyelles…

Et dites-vous le soir quand vous rentrez…

Que la lampe qui brûle à l’avant du pays très tard est comme la lanterne d’un carrosse

Ou d’un navire bohémien qui déambule tout seul dans les eaux profondes du crépuscule…

Les fumures du temps sont sur le ciel répandues

Et le dernier dahlia dans un jardin perdu !…

Peut-être qu’un cheval à l’humeur insolite

Un soir qu’il fera gris ou qu’il aura neigé

Posera son museau de soleil dans mes vitres. »

René Guy Cadou

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