Les messages perdus

« Il est des messages dont le destin est la perte,

des mots antérieurs ou postérieurs à leur destinataire,

des images qui viennent de l’autre côté de la vision,

des signes qui pointent plus haut ou plus bas que leur cible,

des signaux sans code,

des messages enrobés dans d’autres messages,

des gestes qui butent contre la paroi,

un parfum qui régresse sans retrouver son origine,

une musique qui se déverse sur elle-même

comme un escargot définitivement abandonné.

Mais toute perte est le prétexte d’une rencontre.

Les messages perdus inventent toujours qui doit les trouver. »

Roberto Juarroz

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Quoi dire à la lumière

« Quoi dire

A la lumière

Si ce n’est

Je t’aime. »

Anne Perrin

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Un corps réel

« Comme si un corps réel

Déchirait la page

Où sans peine, sans risque

Les mots voudraient continuer à s’écrire. »

Philippe Jaccottet

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La variation

« La variation ne nous dit pas que la vie est toujours faite de nouveaux évènements, elle nous dit comment un seul évènement peut suffire à exprimer la complexité de la vie. »

Umberto Eco

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Comment me souvenir ?

« Comment me souvenir d’un visage que je ne peux pas oublier ? »

Charles Monroe Schulz

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Il suffit d’une phrase, d’un mot

« Il suffit d’une phrase, d’un mot, 
pour réamorcer le grand récit des plénitudes 
qui se dit à l’intérieur de nous. »

Jean Lavoué

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Tout ce qui vient

« Tout ce qui vient vers nous nous parle encore de cette intériorité 
dans laquelle nous sommes plongés 
et qu’il nous suffit de mettre au jour. 
C’est là notre tâche, notre vocation. 
Allons-nous nous dérober ? »

Jean Lavoué

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Vers l’inconnu de soi

« Écrire commence par une trahison, écrire c’est se trahir soi… Parce qu’on se construit une image à peu près représentable et, quand on écrit, il faut travailler à défaire cette image-là. Mais c’est aussi travailler à défaire l’image de nos proches… Et c’est aussi défaire l’image du monde. En fait, c’est arriver à dire ce que les gens ne veulent pas entendre… On est là parce qu’on résiste aux diktats… C’est évidemment une posture inconfortable mais je crois qu’il faut que certaines personnes aient cette posture-là si on veut en arriver à une vérité subjective – et je ne dis pas le mot avec un grand V, pas la grande Vérité – mais à exprimer quelque chose qui sonne juste…

Mettre le doigt, mettre des images plus ou moins claires sur des petits faits, des petits événements, des souvenirs du passé, fait en sorte qu’on puisse se construire différemment…

Et il s’agit d’arriver à nommer précisément le regard. Nommer le regard. Oui, c’est peut-être ça la poésie, nommer le regard. Non seulement regarder mais arriver à dire ce que l’on voit. Ce que l’on voit de l’invisible. Rendre visible l’invisible… Et évidemment, rendre visible ce que je ne vois pas non plus de moi… J’ai parlé de s’exprimer tout à l’heure mais en fait si je veux être vraiment juste, on n’écrit pas pour s’exprimer, on écrit pour amener à la lumière ce qu’on devine de soi, ou parfois même ce qu’on ne devine pas… Et donc, l’écriture c’est une position de recherche constante. Vers l’inconnu de soi… »

Louise Dupré (en entretien avec Frank Sims)

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