Afin de prolonger la réflexion à propos de la relation auteur/personnage (cfr. De l’auteur au personnage):
« Je ne me souviens pas d’avoir toléré plus de trois ou quatre jours un jouet sorti des grands magasins. J’aimais par-dessus tout les poupées: mon amour se traduisait alors par une amputation, une robe déchirée, une joue pâlie. Je confectionnais par la suite une jambe de bois, grossièrement taillée, que je fixais tant bien que mal à l’aide d’une épingle de nourrice ou de dix centimètres de ficelle. Je me créais ainsi un personnage, une divinité boiteuse comme la beauté qui hantait sans cesse mes rêves et que je trouvais grandie chaque matin. »
René Guy Cadou
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