Retrouver les blessés

« Autrefois un matin,

Laissée

Par la nuit pluvieuse,

Une mare où le soleil avait dérapé.

Un oiseau était tombé dans le ciel sans abri de tes yeux.

Non loin,

L’escargot avide de fraîcheur

S’écorchait aux granuleuses minutes de pierre,

Tout occupé à descendre vers l’herbe humide baignant dans ses ombres

Le long de ce même muret d’où toi, petit garçon,

Tu jouais et jouais au saut de la mort.

La crue noire des saisons frappe contre ton poignet.

Une charrette de temps dérive sans attelage,

Tournoyant lentement entre les toits des maisons.

Continue, écris encore.

Que toute l’eau maintenant soit bue par les trous de silence entre les mots,

Que renaissent éparpillés sur les routes du texte

Le soleil, l’oiseau, l’escargot, le muret.

Le clair de ta vie.

Écrire revient parfois

A retrouver les blessés

Parmi les corps. »

Cédric Migard

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