« Ils avancent si vite, et je suis si lente. Et je suis si solitaire dans l’exigence et le silence, avec pour seule référence, la nécessité du jardin à travailler… Ils avancent si vite. Et moi, en espadrilles et crayon à papier, je me fais bousculer, si petite qu’on oublie de me voir, de m’entendre. Et je freine si fort pour sentir l’herbe à mes chevilles, la rivière sous ma peau qui bat son mouvement d’horloge bienfaisante. Et je prends tant de temps pour toucher au mot comme on touche au sacré. Quelque chose de plus grand que grand me fait sentir mes pas dans le sable et mes mains sur la page. »
Ile Eniger