Notre langue est bifide

« Et le sentier m’a suivi
Comme sorti de moi,
Sachant que tous les croisements et fuseaux
Modèlent nos sens,
Les sillons de la peau maillée de méridiens,
Trajets troués d’une secrète acupuncture.
Notre passé est cette mosaïque de nos pas,
L’air morcelé, limaille des gestes et des mots.
Des tiges blanches dorment dans les noires,
La terre est recomposée par les nervures
Sur la paume de la main et les deux pôles de l’esprit.
Vingt quatre images par seconde,
Le film de la mémoire se poursuit.
Voilà ce qui se trame en nous,
Ce qui chemine en notre corps lorsque l’obscurité reflue.
Notre langue est bifide et notre regard
Sans cesse se divise en deux hémisphères
Qui se partagent le visible et l’invisible.

Ligne des yeux jointes
Pour ne plus être
Qu’un visage recommencé. »

Charles Dobzynski

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