Geste de délivrance

« Le romancier, lorsqu’il écrit sous la pression intérieure d’un personnage lui réclamant sa part de mots, sa part de vie, s’aventure à fond dans ce double mouvement d’écriture/lecture aussi opposé que complémentaire, et qui le rend aussi passif qu’inventif. C’est pourquoi il ne peut bien lire (entendre, comprendre, interpréter) ce que semble vouloir dire le personnage qui le taraude qu’en écrivant : c’est le geste d’écrire, fût-ce à tâtons sur une feuille d’une blancheur à première vue stérile, décourageante, voire écœurante, qui dispense progressivement au romancier (mais à un rythme souvent discontinu) un peu de clarté, des brins de sens, lui ouvre des pistes. Le geste d’écrire est toujours geste de délivrance. »

Sylvie Germain

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