Tu sors de la forêt

« Tu sors de la forêt. Les brouillards se sont dissipés. Tes blessures ont cicatrisé. Une force sereine t’habite. Sous ton œil renouvelé, le monde a revêtu d’émouvantes couleurs. Tu as la conviction que tu ne connaîtras plus l’ennui, ni le dégoût, ni la haine de soi, ni l’épuisement, ni la détresse. Certes, le doute est là, mais tu n’as plus à le redouter. Car il a perdu le pouvoir de te démolir. D’arrêter ta main à l’instant où te vient le désir de prendre la plume. La parturition a duré de longues, d’interminables années, mais tu as fini par naître et pu enfin donner ton adhésion à la vie. Depuis cette seconde naissance, tout ce à quoi tu aspirais mais qui te semblait à jamais interdit, s’est emparé de tes terres: la paix, la clarté, la confiance, la plénitude, une douceur humble et aimante. Parvenu désormais à proximité de la source, tu es apte à faire bon accueil au quotidien, à savourer l’instant, t’offrir à la rencontre. »

Charles Juliet

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