« Il doit exister en nous un lieu
où cesse le combat des contraires
et l’on ne joue plus à pile ou face
où les choses brillent de leur propre clarté
et le regard luit dans le silence
domaines du double blanc
où sans violence s’unissent l’eau et le feu
et il neige aux tropiques sans changer de climat
et les glaces éternelles réchauffent le corps
et nous pouvons nous voir naître et mourir
en un mouvement fuyant de dunes
ou voyager en constantes d’années-lumières
vers hier pour atténuer les malheurs
ou vers demain pour anticiper les souffrances
capturer la victoire
avant de se plonger dans un noyau
dans une ardeur dans une immanence
soustraits au temps
masque de l’éternité. »
Juan Liscano