Soustraits au temps

« Il doit exister en nous un lieu

où cesse le combat des contraires

et l’on ne joue plus à pile ou face

où les choses brillent de leur propre clarté

et le regard luit dans le silence

domaines du double blanc

où sans violence s’unissent l’eau et le feu

et il neige aux tropiques sans changer de climat

et les glaces éternelles réchauffent le corps

et nous pouvons nous voir naître et mourir

en un mouvement fuyant de dunes

ou voyager en constantes d’années-lumières

vers hier pour atténuer les malheurs

ou vers demain pour anticiper les souffrances

capturer la victoire

avant de se plonger dans un noyau

dans une ardeur dans une immanence

soustraits au temps

masque de l’éternité. »

Juan Liscano

Cet article a été publié dans Poésie, Théorie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s