Je ne voyais pas la fleur, je la vivais

« Je ne voyais pas la fleur, je la vivais.

J’éprouvais cette vie de la plante comme un lent flux ou écoulement de lumière liquide,

d’une pureté absolue.

J’appréhendais, confondus en une même essence,

structure formelle et processus dynamique.

Cette forme dynamique était, semblait-il, d’ordre spirituel et non matériel,

ou elle était une matière plus subtile,

ou encore la matière elle-même perçue comme esprit.

Je commençai à percevoir qu’il y a un ordre dans la vie,

ou plutôt que la vie est un ordre, aussi effacé et dégradé soit-il,

et pour la première fois depuis mon enfance, je sentis que j’étais chez moi.

C’était moi, le savais-je, j’étais cette fleur, cette lumière était moi-même. »

Kathleen Raine

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