La terre, ton cœur

« La terre tourne

Et pourtant rien ne bouge

Que le vent qui court

De fête en fétu.

Ton cœur bat

Et pourtant mes doigts

Vont paître l’herbe d’une colline sans heurts

Plus douce que l’eau tranquille.

Mes mains, mon corps, ma parole,

Descendez vers cette terre,

Remontez vers ce visage,

C’est le visage nu

D’où les oiseaux se déploient

De buissons en frissons

Sans qu’aucune nasse ne les emprisonne.

Ta robe est un cocon tombé sur le sol

D’où s’est libéré le secret

Que je cherche depuis longtemps.

Tu es là

Si seule avec ton sexe, tes épaules

A déambuler sous la pluie

Des grands pins,

Des épines dans les cheveux.

Vient ce désir de te respirer comme la crinière des chevaux

Comme la paille, la marne, le kaolin, les labours.

Et si tout est calme,

Je le sens

Par tous mes chemins,

A travers mes ombres

Et par le toucher de mon sang,

La terre tourne

Ton cœur bat. »

Cédric Migard

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