Être un lieu de rencontres imprévues

« Je me laisse emporter par l’amour
si près d’ailleurs
les mots attendent notre venue
les étoiles s’abandonnent
le soleil monte les escaliers de l’âme
la maison s’illumine
je reviens du silence comme un noyé
les grandes eaux de l’origine m’ont pris la main


beau corps de sultane aux mille chevaux confondus
je hume ton odeur capiteuse
suivant la courbe de tes hanches
je me laisse emporter par la tentation de naître
encore une fois de la chair et du sang
je me livre aux soubresauts de l’existence
entre les buildings ruisselants de solitude
quelque part sur un plancher de neige
j’invente ma délivrance


le printemps se lève dans tes yeux
la vie devient présence
la joie du monde nous éblouit…
nous sommes des condensés de bonheur qui s’ignorent…
nous avons déserté notre mémoire
déporté nos attentes
vendu nos âmes pour un brin de certitude
revenons à l’étincelle qui nous donna naissance
aux premiers mots prononcés sans que personne n’en sache l’origine

sans le savoir tu es le vent sur les toits
la fraîcheur des eaux sur la langue
l’écho du silence dans les mots
les oiseaux ont grandi l’espace
remis la terre en mouvement
créé des liens sonores qui font rêver les choses…
je me laisse écorcher par la soif
d’être un lieu de rencontres imprévues. »

Jack Kerouac

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