Du côté du fleuve

« On vient du côté du fleuve,

les mains plus que fraîches,

quelques gouttes d’eau encore prises aux cheveux.

Avec le matin surgit l’anonyme respiration du monde.

Une odeur de pain frais envahit la cour entière.

On vient du côté du fleuve :

pour être porté à la bouche, ou au poème. »

Eugénio de Andrade

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

Un chemin prophétique

« Si les mots ne parviennent pas à se frayer un chemin prophétique, à traverser un tunnel les reliant à la conscience du lecteur, cela n’a plus grand-chose à voir avec un poème. »

Haruki Murakami

Publié dans Extraits, Roman, Théorie | Laisser un commentaire

L’œuvre donne voix

« Dans l’œuvre l’homme parle, mais l’œuvre donne voix, en l’homme, à ce qui ne parle pas. »

Maurice Blanchot

Publié dans Citations, Extraits | Laisser un commentaire

Bercer mon temps

« Je commence à bercer mon temps…
J’ai cueilli des fleurs apaisantes
pour chanter la soif
qui pleurait si bien.
J’ai coiffé mon front de collines blondes
j’ai tout changé…
Avec des brins de toi
au vent volés
l’un après l’autre
j’ai bâti un tout
qui, double,
est sans fatigue
dans le ciel. »

Marianne Van Hirtum

Publié dans Extraits, Poésie | Laisser un commentaire

Un lieu à la place du lieu

« Un lieu, je veux un lieu! Je veux un lieu à la place du lieu pour revenir à moi-même, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour écrire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vêtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. »

Mahmoud Darwich

Publié dans Poésie | Laisser un commentaire

Un langage qui laisse entendre

« La poésie est un langage qui laisse entendre ce que les mots ne disent pas. »

Publié dans Citations, Théorie | Laisser un commentaire

Sentiment de l’invisible

« C’est le sentiment de l’invisible qui nous force paradoxalement à regarder le visible comme s’il n’en était jamais que l’approche. De même, pour l’écrivain, toute parole écrite cache une autre parole, non pas tout à fait insaisissable, mais sans cesse différée et infiniment plus essentielle. C’est vers cette parole qu’il tend. »

Henri Michaux

Publié dans Citations, Extraits, Théorie | Laisser un commentaire

Que ces doigts se dénouent

« Je chante pour passer le temps
Petit qu’il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l’étang
Je chante pour passer le temps…

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d’avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l’alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent. »

Publié dans Extraits, Poésie | Laisser un commentaire